In La Science française , 1892, n° 90, p
un degré assez élevé pour rendre sa température indépendante de celle de l’atmosphère, et c’et>t avec raison qu’il a dit: « Les fonctions chez les animaux hibernants sont à peine sensibles, mais aucune d’elles n’est entièrement suspendue L »
L’opinion de ce savant observateur est aussi celle de tous ceux qui ont étudié plus particulièrement cette question si intéressante de l’hibernation, et les expériences entreprises par nous sur des marmottes et des tortues terrestres en léthargie, expériences que nous rapportons plus bas, nous autorisent à dire que cette opinion est sûrement la bonne.
Notre méthode n’est donc pas atteinte par les objections tirées de certaines observations faites dans le règne animal. Non seulement nous avons pu réfuter victorieusement ces objections, mais nous les avons même tournées à notre avantage. Si nous admettons, en effet, que le rôle rempli par le sang soit aussi important chez l'homme que chez les animaux dont nous venons de parler, nous sommes obligés de convenir que l’arrêt de la circulation chez le premier est incompatible avec la vie, puisque chez les seconds la vie s’arrête en même temps que s’arrête le courant sanguin. Or, le rôle du sang est d’autant plus important que l’animal est plus perfectionné; il acquiert donc chez l’homme une importance capitale. « La cessation d’action du cœur, dit Claude Bernard, amène très rapidement la disparition des phénomènes cérébraux, et elle l'amène d’autant plus facilement que l'animal est plus élevé, c’est-à-dire possède des organes nerveux plus délicats. Le raisonnement et l’expérience nous montrent qu’il faut encore, sous ce rapport, placer l’homme au premier rang. »
1. De la chaleur produite par les êtres vivants , Paris, 1855, p. 467 et 483.
VALEUR DE LA MÉTHODE DE L’AUTEUR
Art. iv. — Nécessité de la. persistance de la circulation