Séances du 17 mars et du 15 décembre 1S
VALEUR DE LA MÉTHODE DE L’AUTEUR 175
atropinisé meurt après une submersion de 3 minutes, alors que, non atropinisé, il supporte une submersion de presque 6 minutes.
Si la circulation gardait toute son activité, comme il existe, dans tous les cas de mort apparente, une diminution considérable de l’hématose, l’organisme, en quelques secondes, serait privé de tout oxygène, et l'asphyxie serait inévitable. La quantité d'oxygène renfermée dans le sang artériel étant très minime, il faut que la consommation en soit réduite et que l’assimilation soit très lente : en attendant la délivrance ou des munitions plus abondantes, il faut, suivant la pittoresque expression de Tourdes, que les éléments de l’organisme soient rationnés comme les habitants d'une ville assiégée, d’où nécessité d’un ralentissement de la circulation; suivant une autre image de Gratiolet, la flamme doit se faire plus petite pour brûler plus longtemps dans un milieu donné.
Puisque la mort apparente s’accompagne d’un ralentissement de d’hématose, il est donc utile qu’il existe aussi un ralentissement de la circulation; dans certains cas même ce ralentissement sera très prononcé et réduit en quelque sorte au minimum de la rapidité du courant sanguin, mais il ne saurait aller, nous le répétons encore, jusqu’à l’arrêt complet et prolongé du sang sans engendrer la mort. C’est pourquoi les médecins considèrent l’arrêt du courant sanguin comme un signe de mort certain : « Parmi les signes de mort, dit Legallois *, il faut compter ceux qui prouvent que la circulation a cessé. C’est pour cela que la vacuité des carotides en est un infaillible, lors même que les battements du cœur sont encore distincts à travers les parois de la poitrine. » Boniface 2, Frank 3,