Nymmani, Dissertatio de vitâ fœtus in utero , p
PREUVES CLINIQUES
cope et non par une attaque d’éclampsie; il n’en est pas de même dans l’observation suivante, « observation qui devrait êlre gravée dans la mémoire de tous les médecins », dit Devergie à qui nous l’empruntons.
« En 1748, Rigaudeaux est appelé \ à cinq heures du matin, pour accoucher une femme aux environs de Douai. Il ne peut s’y rendre qu’à huit heures et demie; on lui dit que l’accouchée est morte depuis deux heures et qu’on n’a pu trouver un chirurgien pour pratiquer l’opération césarienne. Il apprend que depuis quatre heures, la veille, cette femme avait commencé à sentir les douleurs de l’enfantement; que, pendant la nuit, la violence des douleurs avait causé des faiblesses et des convulsions; qu’à six heures du matin, un état spasmodique des plus violents avait anéanti ce qui restait de force à cette malheureuse. Elle était déjà ensevelie; Rigaudeaux demande à la voir. Il tâte le pouls au bras, au-dessus des clavicules, palpe le cœur : point de battements. Il présente un miroir à la bouche : la glace n’est pas, ternie; un heureux pressentiment l’engage à porter la main dans l’utérus ; l’orifice de cet organe est dilaté; la poche des eaux n’est pas percée, il la déchire ; il sent la tête de l’enfant dans une bonne position; il introduit le doigt dans la bouche de l’enfant, qui ne donne pas signe de vie. Il va chercher les pieds et termine l’accouchement. Il confie l’enfant à des femmes qui s’empressent de le réchauffer et de le frotter avec du vin chaud. Trois heures de soins assidus allaient le faire abandonner, lorsque l’une des personnes présentes s’écrie qu’on lui a vu ouvrir la bouche. Aussitôt le zèle est ranimé et en peu de temps l’enfant jette des cris aussi forts que s’il fût né heureusement. Rigaudeaux veut de nouveau visiter la mère que I on avait encore ensevelie et même bouchée. On 5te de nouveau l’appareil funèbre; il la croit morte