‹ La mort réelle et la mort apparenteChapitre 58 sur 78 · Londe, Lettre sur la mort apparente, in-8°, Paris · texte numérisé non relu

Londe, Lettre sur la mort apparente, in-8°, Paris

considérés comme morts et sur le point d’être inhumés vivants h Bouchaud nous dit avoir rencontré trois fois à l’amphithéâtre, où ils avaient été envoyés pour y être autopsiés, des enfants qu’une inanition prolongée avait mis en état de mort apparente. « L’erreur, dit cet auteur 1 2, est des plus faciles. Tout annonce la mort : froid, immobilité, insensibilité, quelquefois de la rigidité. Si l’on n’examine de près, on ne peut que se tromper; mais si on met l’enfant à nu et qu’on l’observe quelques instants, on s’apercevra de sa méprise. Un pincement déterminera parfois un léger mouvement très lent et un petit cri plaintif très doux; mais quelquefois rien ne se produit; il faut alors fixer les regards aux attaches du diaphragme, à cause de la lenteur de la respiration, et parfois attendre une minute et quelquefois plus. Le cœur donne peu de renseignements; on entend à peine un bruit confus et point de battements distincts. »

Or, si nous nous en rapportons aux expériences qui ont été faites sur les animaux et aux observations qui ont été prises sur l’homme, nous voyons que jusqu’à la fin la circulation persiste, puisque jusqu’à la fin on constate l’expulsion des produits excrémentitiels (acide carbonique, fèces, urines). Bouchaud ne nous dit-il pas que chez des enfants envoyés à l’amphithéâtre comme étant réellement morts il put percevoir un bruit confus du cœur et constater quelques légers mouvements respiratoires? Nous avons donc, dans l’emploi d’un de nos procédés, un moyen infaillible de reconnaître la mort apparente par inanition.

Page 1