OBSERVATION V
Mme B..., octobre 1921.
Enfant âgé de 2 mois, né à terme, élevé au sein. Présente depuis un mois une diarrhée presque constante ; si souvent que sa mère le change, les couches sont souillées. Ces déjections ne sont, ni vertes, ni grumeleuses, et ont l'aspect des selles ordinaires des nourrissons élevés au sein. Pas de vomissements. L'enfant pèse 4 kgr. 300 ; il est un peu pâle, mais non amaigri. L’abdomen, non météorisé, est sensible à la paipation ; l'enfant crie beaucoup, dort peu, s'agite constamment ; ce sont ces phénomènes qui amènent la mère à nous consulter.
La mère, dont l'état général est très bon, nourrit l'enfant ; c'ést une secondipare, qui a beaucoup de lait. Elle nous dit que chaque tétée dure, au moins, vingt minutes ; jusqu’à ce que le bébé s’endorme. Dans la journée, il ya 7 ou 8 tétées (la mère n’est pas fixée sur ce nombre) ; en plus, 2 tétées la nuit. Aucune règle pour l’alimenter « quand il crie, on lui donne », dit-elle. En outre, on le berce, on le promène à bras, dès quil crie. La mère ne prend aucune précaution spéciale pour sa propre alimentation ; mais elle n’a pas l’habitude de l'alcool ni du café. A noter qu’elle consomme une
grande quantité de fruits (des pommes) crus et insuffisamment mûrs depuis quelques semaines.
La réglementation du régime de la nourrice ; la régularité des tétées et leur diminution ; des doses faibles d’acide lactique et d’eau de chaux ont amené la cessation de la diarrhée et de l'agitation. L’enfant, revu depuis, a profité normale-
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Les femmes qui allaitent ne prennent aucun soin du mamelon ; son lavage avant el après la tétée est inconnu ; et comme, d’autre part, les soins d'hygiène corporelle sont nuls et les sous-vêtements assez sales, on voit souvent survenir des crevasses, fissures, lymphangites du sein, affections douloureuses autant que minimes. Nous avons vu une femme qui, à la suite d’un tel incident (crevasse du sein) dut suspendre l’allaitement au bout de trois semaines : et cet allaitement ne fut jamais repris ; l’enfant fut élevé au biberon ; la mère, en effet, avait pris en horreur l’allaitement après cette petite lésion que des soins élémentaires de propreté eussent évitée : tant il est vrai que l'hygiène générale doit être le prélude à l'hygiène infantile et à la puériculture.
Malgré les fautes commises au cours de l’allaitement naturel, il est évident que les enfants élevés au sein profitent beaucoup mieux et sont moins exposés aux maladies habituelles à cet âge. C'est ainsi que le taux de la mortalité infantile des « Enfants protégés » s'élève à 5,12 o/o (moyenne pour les trois années 1918-1919-1920) tandis qu’il n’est que de 1 0/0 pour ceux de ces enfants qui furent nourris au lait de femme (deux décès seulement pour ces trois années).
Sevrage prématuré. — Diététique du sevrage
Les mêmes causes économiques, psychologiques et physiologiques qui prohibent ou restreignent