LA RENE
on lui donnera — au lieu de bouillies — des panades à l’eau, aliment défectueux comme l’a montré Variot, et qui est pourtant fort employé dans ce pays, tant pour les jeunes enfants que pour les malades. De mème, un enfant sevré, mis à ce régime, prendra le café familial, et comme ce café ne se conçoit pas sans eau-de-vie, il aura aussi une petite quantité d’alcoo!l dans sa tasse : souvent nous avons vu des enfants de deux ans prendre la cuillerée à café d’eaude-vie dans leur café. « Il faut que son estomac se forme », disent les nourrices pour expliquer cette étrange diététique ; et encore : «Il faut bien l’accoutumancer ». Le mot est joli, sinon la chose.
Néanmoins, à cet âge, l'enfant est hors de danger. Les statistiques permettent de constater, en effet, que 90 0/0 des décès par troubles gastro-intestinaux atteignent les enfants de moins d’un an : à tel point quele Comité départementalde protection du premier âge, émettait en 1919 l’avis que la surveillance médicale des nourrissons pouvait être limitée, sans inconvénients, aux douze premiers mois de leurexistence. Il n’en est pas moins vrai que, passécet âge, l’alimentation très fantaisiste des enfants entraine souvent des accidents (côlite, entérite chronique, etc.), qui sansêtre d’un sombre pronostic quoad vitam, jouent un rôle indéniable dans la morbidité de la seconde enfance.
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