I. — LE BIBERON A TUBE
Les femmes ne pouvant, ou ne voulant plus allaiter, il en résulte, naturellement, que la plus grande partie des enfants est élevée au biberon, aussi bien dans ies villes que dans les campagnes.
Or, cet élevage humain se pratique avec uneignorance complète des règles les plus élémentaires, et avec des préjugés stupéfiants. Partout, chez les mères comme chez les éleveuses, on remarque une incompétence,une incurie,unenégligence vraiment extraordinaires.
À Paris, on pourrait croire, par exemple, que depuis la loi de 1910, les biberons à tube ont disparu, leur vente étant prohibée. Il n’en est rien ; au cours de nos visites, il nous est arrivé de rencontrer le pernicieux biberon, souventes fois, au moins une fois sur trois — à la campagne aussi bien que dans les villages et petites villes. Sans doute, le pharmacien est tenu, sous peine d'amende, de ne pas vendre ce néfaste article ; mais on se le procure chez le premier marchand de verrerie venu, voire chez l’épicier. Du reste, les mères savent bien que ce type de biberon est en horreur aux médecins ; elles ont soin dene pas l’exhiber, lorsque, le nourrisson étant malade,
la visite médicale est imminente ; mais plusieurs