L. P... (ferme), novembre
Enfant de 10 mois, né à terme, pesant 4 kilog. Sa mère jeune et très forte n’a pu l’allaiter, à cause de ses travaux à la ferme. L'enfant, élevé an biberon, a présenté au bout d’un mois une diarrhée abondante, séreuse, avec état général assez
grave; amélioration au bout d'une semaine, mais rechutes fréquentes Broncho-pneumonie quelque mois plus tard. En septembrè, crise grave de gastro-entérite aiguë : météorisme énorme, intolérance gastrique complète, état général très grave en quelques heures, cyanose,etc. Cependant, cet enfant put se rétablir, on lui donna quelques temps du lait stérilisé homogénéisé.
Actuellement, l’état de l'enfant est assez bon; il est même boufli, pâle. n’a pas le facies athrepsique, pèse 9 kilos, poids supérieur à la normale. Il a souvent des éruptions impétigineuses « croûtes de lait » que les parents ont faites « cerner ». Dans la région mentonnière un gros ganglion, très dur; petits ganglions multiples dans la région cervicale; cette adénopathie a peut-être pour origine l'éruption impétigineuse (par place, ecthyma) qui occupe la face, les lèvres, le cuir chevelu. Cet enfant présente souvent des coryzas,
des érythèmes fessiers et des poussées de diarrhée:
Revu l'enfant puinze jours plus tard. Ces jours derniers, coryza plus abondant, larmoiement, bouflissure du visage (où il y a moins de croûtes d'impetigo) Température 38°5. Constipation. Eruption caractéristique de rougeole sur le tronc, les membres supérieurs (pli du coude) laquelle a débuté par la face.
L'enfant a guéri sans complications; actuellement, 15 mois, pèse 12 kilogs. L’adénopathie a persisté.
Affections broncho-pulmonaires
La seconde cause de léthalité infantile en ce département est constituée par les affections bronchopulmonaires. Il s’agit principalement du processus bronchite capillaire — broncho-pneumonie, qu'on
rencontre surtout l'hiver, en particulier pendant les
premiers mois de l’année. Les médecins de la région reconnaissent que ces affections atteignent, en plus
grand nombre, les nourrissons qui ont présenté l'été, des troubles gastro-intestinaux, ceux qui ont échappé au choléra infantile, et qui sont restés plus ou moins athrepsiques; ceux qui présentent des troubles digestifs latents, dus à une alimentation irrationnelle; ceux enfin qui, suralimentés, possèdent cel état faussement florissant que nous décrivions précédemment. En somme, les enfants qui ont éprouvé les accidents gastro-inteslinaux qu'on voit l'été, restent exposés —plus que les autres = aux broncho-pneumonies qu’amène l’hiver,et qui peuvent du reste, se produire par l'intermédiaire d’une rou-
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geole ou d’une grippe. Ces affections sont du reste plus fréquentes chez de tels enfants dont l'organisme . est en état de moindre résistance, et demeure longtemps sous le coup des graves intoxications intestinales subies l'été. ;
Peut-être faut-il aussi tenir compte, pour expliquer la fréquence, en cette contrée, des maladies d: l’appareil respiratoire (chez le nourrisson comme chez l’adulte) du climat sarthois.
Ce climat comme l’ont montré, dans une remarquable étude, les D” C. Poix et Legros, a une température modérée ; mais il est humide; l'état hygrométrique est de 74°,3 0/0; il rend plus difficiles à supporter les chaleurs en général peu élevées de l'été, et les froids modérés de l'hiver ; de même, le climat est pluvieux ; on compte en moyenne un jour de pluie sur trois pendant l’année ; les ciels nuageux et couverts sont très fréquents. Un tel climat réunit donc presque toutes les conditions qui favorisent les infections des voies respiratoires répétées, et la tuberculose, et, effectivement, ce sont ces affections qui dominent, au cours de l'année ; tandis que l'été, une courte période de chaleur sèche suffit à provoquer les diarrhées infantiles (et aussi les dysentéries de l'adulte) comme on a pu le constater sur nos graphiques.
Nombreux sont donc les tout jeunes enfants qui, frappés d’athrepsie, meurent de broncho-pneumonie, sous ce climat assez défavorable. L'observation suivante en est un exemple.
A. Leroy 5