‹ La Mortalité Infantile Dans La SartheChapitre 5 sur 35 · APERÇU HISTORIQUE · texte numérisé non relu

APERÇU HISTORIQUE

A vrai dire, la mortalité infantile a toujours été élevée dans ce pays; mais selon la remarque du professeur Marfan : « la valeur d’une vie de jeune enfant « n’a été estimée à son vrai prix que de nos jours. » Dans une très intéressante élude historique, le D: Delaunay, du Mans, nous montre la situation lamentable du nourrisson «bourré, à toute heure, à chaque cri, de lait » au petit pot « aspiré à travers une éponge sale » (xvirre siècle).

La mortalite infantile devait être effroyable, quoique l’absence de stalistiques ne permette pas de la comparer à celle d'aujourd'hui. |

« Beaucoup de parens, dans ma province, ne pouvoient élever d’enfans, dit en 1568, le D: Vétiliard ; ils périssoient tous dans les premiers mois. » Luimême perd trois de ses bébés en nourrice. Chez ces mercenaires, écrit F.-Y. Besnard, la plupart des nouveau-nés succombaient à l’état de langueur. Le prince d’Ardenay, gavé de racines et de légumes, manqua d'y mourir. Dans la famille Pesche, à Souvigné-sur- Même, sur seize rejetons, cinq au moins meurent dans les premières années. Dans les hôpitaux, c'était

pis encore : transport el séjour étaient presque falal (1). Le 19 octobre 1991, un membre du Directoire du district de la Ferté-Bernard (probablement le D' Verdier du Clos), signale l’effroyable léthalité des enfants trouvés. Le 6 décembre 1794, le Comité du bien public en avise également l’Assemblée départeméntale : sur 426 enfants trouvés, amenés en 1790 à l'hôpital du Mans, on ne comptait en décembre ‘997, que 66 survivants (2). »

Îl est intéressant de constater qu’à cette époque les causes nosologiques étaient assez différentes de celles dé notre époque. Peut-être voyait-on moins de gastro-entérites et d'infections cholériformes, les enfants. étant encore élevés au sein.en grande majorilé, dans nos campagnes. Mais par contre que de victimes firent la ORIERIS la scarlatine et surtout la variole. Voici ce qu'écrit à ce sujet le D' P. Delaunay, du Mans:

€ Entre les mois d’août et de décembre 1630, la ville « de Fresnay perdit 46 enfants de «la petite vérète ». «Est-ce à la variole hémorragique ou à quelque autre -Cassociation morbide qu'il faut rapporter les nom- « breux cas de « petite vérole et pourpre » qui de & juin à octobre 1634 moissonnent à Précigné enfants «el adolescents? Dans l’été de 1-16, La variole et

‘cila rougeole qui sévissent à Laval ne moissonnent € pas moins de 150 enfants, au dire de Mauccurt de

i. D°P. Delaunay, Les maladies contag'ieuses et l'assistance aux épidémies dans le Maine sous l'Ancien Régime. Le Mans, Impr. Monnoyer, 1922.

* 2. Délaunay, id.

« Bourjolly. A peine entravés, sur la fin du siècle, « par la pratique de l’inoculation, les ravages de la « maladie ne devaient céder qu’aux progrès de la « vaccination jennérienne ; et il n’était guère de réu- «nion familiale où l’on n’eût à Pere quelque « minois grêlé (1). »

Le progrès de la science ont permis de rendre plus rares ces maladies. Mais les conditions nouvelles de notre siècle ont amené ou développé d'autres causes morbides, non moins fatales pour la première enfance, comme on pourra s'en rendre compte dans ce tra-

vail.

Nous indiquons dès maintenant quelles sont les maladies qui déciment la première. enfance, et leur importance respective. Nous donnons ‘deux graphiques, basés sur les statistiques que nous ont communiquées MM. les D" Legros, directeur du Bureau Municipal d'Hygiène du Mans, et Savary, inspecteur de l’Assistance publique ; à tous deux, nous sommes redevables d’une intéressante documentation, dont nous tenons également à les remercier.

On peut voir sur ces graphiques que dans le département comme ailleurs, les troubles de lappareil

| digestif (entérites, diarrhées cholériformes, infections gastro-intestina les aiguës) et l’athrepsie qu'ilsprovoquent, sont, de beaucoup, la cause la plus fréquente de la mortalité infantile (presque la moitié des décès).

Viennent ensuite les maladies de l'appareil respi-

1. D° Delaunay, op. cit. Pour la bibliographie nous renvoyons au travail de l’auteur.

raloire:; mais, à ne considérer que la ville du Mans, c’est la débilité congénitale qui cause le plus de décès en cette ville, après les maladies du tube digestif (le quart des décès).

Puis, les méningités et convulsions ;la tuberculose qui sont aussi des facteurs assez importants, comme on pourra le voir sur les deux tableaux suivants, dont chacun porte sur mille décès. |

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