‹ La Morve: Maladie Professionnelle du VétérinaireChapitre 16 sur 17 · LES SYMPTOMES · texte numérisé non relu

LES SYMPTOMES

Chez le cheval

Chez les solipèdes, la morve se présente sous des formes cliniques très diverses. D’après la rapidité d'évolution on peut y reconnaître deux types, soit aigu soit chronique. Quant aux multiples manifestations, elles sont naturellement différenciées par leurs diverses localisations anatomiques. La morve aiguë évolue comme toutes les maladies fébriles ; en quelques heures la température monte à 41°-42°, avec muqueuses injectées, inappétence, prostation, amaigrissement. La pituitaire se couvre de vésico-pustules qui s’ouvrent et laissent à vif une surface ulcéreuse, qui progresse rapidement dans tous les sens.

Les lymphatiques forment des cordes sur le trajet desquelles apparaissent des ulcères. Enfin la mort termine presque toujours ces manifestations au bout de 8 à 30 jours. La morve chronique est caractérisée par une trinité symptômatique : glande, jetage, chancre. Les ganglions sous glossiens forment une masse unique, arrondie, indolore, fixée au fond de l'ange. Le jetage varie en intensité, d’abord muqueux, il devient muco-purulent. Enfin les chancres débutent par des vésicules ou boutons qui se transforment en plaies ulcéreuses qui s’étendent en profondeur et en surface et d’où s'échappe un liquide huileux. Les lymphatiques forment des cordes sur lesquelles apparaissent des renflements formant chapelet, renflements qui évoluent comme les boutons farcineux.

Chez l’homme

La morve humaine se présente le plus souvent sous la forme

CAATOTEE

septicémique, quelquefois elle revêt plutôt le type chronique. Dans le premier cas, la mort est de règle, dans le deuxième elle est fréquente à plus ou moins longue échéance. Pour faciliter l'étude, on distingue comme pour les solipèdes deux manifestations, l’une aiguë c’est la généralité, l’autre chronique à marche lente, mais continue, c’est l'exception.

La forme aiguë

Après un à quatre jours d’inoculation, les symptômes apparaissent. C’est d’abcrd une fatigue plus ou moins marquée avec des frissons intenses et prolongés, puis des nausées suivies de vomissements, de la diarrhée et ordinairement une céphalgie très violente. Lors d'inoculation, le point inoculé prend un aspect érysipélateux avec tous les signes de l’inflammation, s’il y a une plaie ses bords sont blafards, le pus est sanieux et on trouve souvent des lymphatiques engorgés et des adénites. Les symplômes généraux apparaissent alors et on voit se déclarer une fièvre intense, intermittente avec dyspnée, transpiration, figure enflammée, suivie d’une prostration extrème avec diarrhée, tous et amaigrissement jusqu'à cachexie. On note également de l’albuminurie.

Un symptôme constant, c'est la douleur articulaire (épaule, coude, genoux, cheville, etc...) d'une intensité considérable, le malade souffre atrocement un véritable martyr. La face est souvent le siège d’altérations typiques ; une sorte d’érysipèle apparait occupant le nez, les yeux et les parties voisines, les paupières sont gonflées et la muqueuse palpébrale secrète un liquide jaunâtre, épais, âcre ; les tissus mous sont empâtés, livides ; il se forme des abcès, des pustules entourées d’une auréole rose, puis violacée ; ces pustules sont le point de départ d’ulcéralions, principalement des surfaces muqueuses, des fosses nasales, du voile du palais et du pharynx ; un coryza spécial sé déclare avec écoulement jaunâtre, visqueux, san-

guinolent, puis purulent ; on a vu la cloison du nez complètement perforée. Du côté de la bouche et du pharynx se forment des ulcères semblables.

Au niveau des membres ou du corps on voit apparaître également des abcès quelquefois situés très profondément dans les muscles et contenant du pus de mauvaise nature, séreux et fétide.

On voit souvent de l’adénite axillaire, des ulcères, des pustules sur les diverses parties du corps. Quelquefois la gangrène envahit de grandes étendues de tissu.

Le malade s'achemine très vite vers la mort, l’haleine est fétide, les selles diarrhéiques d’odeur nauséabonde, la voix altérée ; la prostration augmente, le sommeil est agité, le malade délire, tombe dans le coma et meurt.

La forme chronique

Elle est rare et se caractérise par des ulcérations particulières des fosses nasales et des voies respiratoires, par des douleurs articulaires et musculaires. Après des malaise, de la fatigue et de l’affaiblissement mal définis, apparaît la toux accompagnée de dyspepsie et d’expectorations plus ou moins abondantes. Le malade a des nausées, de la diarrhée, de la fièvre avec frissons, des sueurs alternant avec de la sécheresse de la peau ; il s’amaigrit rapidement, prend un teint jaune terreux ; il a des insomnies et s’achemine lentement vers une cachexie profonde et vers la mort qui est fréquente.

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