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2. Lescar est dans le département des Basses- Pyrénées ; Sordes, dans celui des Landes.

3. Les dessins sont aux pages 100, 101, io3, io5 ; ils sont dus au talent et à la science de M. Lafollye, architecte des monuments historiques, et appartiennent aux collections de ce service.

doute légendaire dans le pays; il est en deux fragments : celui de droite représente un chasseur avec une jambe de bois, portant un cor et bandant son arc ; derrière lui vient un mulet qui traîne un loup attaché à sa

(Église de Lescar, Basses- Pyrénées.) Dessin de M. Laffolye.

queue; la partie de gauche montre un isard dévoré par un lion, un autre lion levant la patte et trois corbeaux; puis, mais posé à Penvers, un chasseur vêtu d’une courte tunique, perçant de sa lance un sanglier. Le travail technique de cette curieuse mosaïque est fort simple, cinq couleurs ont suffi : le noir et le blanc sont en marbre, le rouge en terre cuite et le jaune en pierre.

LE DIXIÈME ET LE ONZIEME SIÈCLE. ioi

Les mosaïques de Sordes appartiennent à l’abside d’une église construite vers la même époque; elles prêtent moins à la curiosité que celles- de Lescar, mais elles

PAVEMENT DU Xie SIECLE.

(Église de Sordes, Landes. Dessin de M. Laffoiye.)

paraissent plus intéressantes; le médaillon central est une ingénieuse invention où les ornements antiques se mêlent à des animaux dont l’art héraldique va bientôt s’emparer, mais les rinceaux et la vigne n’ont plus rien de l’antiquité classique.

ioa

Un fait très important dans l’histoire de Fart se passa en Italie dans le cours du xic siècle. L’abbé Didier, le célèbre supérieur du monastère du Mont-Cassin, avait été légat du pape à Constantinople et était revenu de l’Orient avec le goût des arts décoratifs, qui seuls, en ce moment, avaient quelque vitalité; en 1066, il fit chercher des ouvriers en Orient; Léon, évêque d’Ostie, chroniqueur du couvent, l’affirme en termes fort clairs, mais peut-être avec exagération. A prendre à la lettre le texte de Léon, on croirait que « depuis plus de cinq cents ans, le génie de ces arts était éteint en Italie »; or nous avons vu le vie siècle très brillant à Ravenne et le ixe fort triste, mais fort productif à Rome. Léon, d’un trait de plume, efface les travaux de Saint-Ambroise de Milan, de la cathédrale de Capoue et ceux des papes Honorius Ier, Jean IV, Léon III et Pascal Ier i. Nous avons donc le droit d’être en défiance et de penser que, pour mettre plus en lumière le mérite non contesté du reste de l’abbé Didier, son chroniqueur a forcé la note. Voici le document :

L’abbé Didier dirigea des envoyés sur Constantinople pour y engager des ouvriers habiles en Fart des mosaïques et des incrustations; les uns pour décorer l’abside, l’arc et le vestibule de la grande basilique, les autres pour assembler sur le pavé de toute l’église les variétés diverses de pierres.^ C’est par les oeuvres de ces maîtres qu’il convient de juger le degré de perfection qu’ils pouvaient atteindre; les figures en mosaïque semblent vivantes et la diversité des marbres de toutes nuances imite un parterre de fleurs. Et comme, depuis plus de cinq cents ans, le génie de ces arts s’était éteint en Italie, par ses soins, sous l’inspiration et l’aide de Dieu, afin que la pratique n’en pérît pas en Italie, cet homme prudent

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