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suivant, il se détacha; la restauration du baptistère fut confiée à Agnalo Gaddi, petit-fils de Gaddo; 1 moins de cinquante ans après il fallut recommencer; Lippo reprit la restauration et fit de lui-même la mosaïque, très- ; appréciée de son temps, du trumeau au-dessus de la porte. La mosaïque de San-Miniato, près de Florence, paraît être aussi du xme siècle; elle a été entièrement refaite depuis.
Pise imita Florence; Andréa Tafi, Gaddo Gaddi et Jacobus y commencèrent la mosaïque de l’abside du dôme, qui fut achevée par Vicini en i32i. Il paraît que Cimabue en personne dirigea à Pise d’autres travaux de mosaïque, exécutés par Tura en i3oi ; mais on ne saurait, pour ce motif, comprendre Cimabue parmi les mosaïstes.
Les mosaïstes toscans du xmc siècle, il faut bien le reconnaître, n’ont pas eu le- sentiment de la décoration au même degré que leurs confrères du siècle précédent ou leurs contemporains à Rome. A quelle raison peuton attribuer cette infériorité manifeste, qui détonne dans ce pays oü les sculpteurs fondaient alors l’école nouvelle tout imprégnée de l’antique? C’est à la venue des Grecs en Toscane. Les Grecs ont gêné l’essor, ils ont retardé le mouvement qui, des sculpteurs, devait forcément passer aux peintres et aux mosaïstes; Cimabue n’avait pas plus besoin d’eux que Nicolas et Jean de Pise et, dès que Gaddo Gaddi est à Rome, loin de leur contact, il s’émancipe, il devient humain et policé, tandis qu’à Florence il était resté grossier et barbare.
I..F.-A. Gruyer. Les Œuvres d'art de la Renaissance italienne au temple de Saint-Jean (baptistère de Florence). Paris, 1875.
En revenant à Rome, nous avons à signaler une mosaïque conçue dans des données toutes particulières; c’est la voûte demi-sphérique de l’église de Saint-Clément1, si intéressante à tant d’autres titres. La décoration est ornementale et les personnages qu’elle renferme sont de très petite dimension et comme perdus dans l’ensemble; un buisson de feuillage donne naissance à une croix et à de .grands rinceaux qui, -se continuant symétriquement, couvrent toute la surface de la voûte et se terminent au scmmet dans une demi-rosace en forme" de coquille; sur la croix, longue et mince, un Christ est attaché, c’est, le seul exemple d’un Christ en croix figuré en mosaïque à Rome; douze colombes blanches posent sur l’instrument de supplice, dont les bras s’allongetit au-dessus de Marie et de sai/it Jean; les docteurs de l’Eglise, Jérôme, Augustin, Grégoire et Ambroise., sont représentés écrivant et assis dans les vides des enroulements ; des oiseaux, des dauphins, des troupeaux, des pasteurs et d’autres motifs sont éparpillés, deux cerfs se désaltèrent dans^ les eaux qui s’écoulent d’un monticule dominé par la croix et le buisson. Nous retrouvons dans les oiseaux, les dauphins et les eaux un souvenir des mosaïques païennes, et nous avons vu les cerfs et les rinceaux au ,ive et au au ve siècle/ à Rome et à Ravenne; toutes les figures humaines sont hors d’échelle, elles sont tellement petites qu’on peut croire qu’elles ont été introduites après coup dans une composition empruntée à diverses mosaïques anterieures. Sur l’arc de l’abside, Jésus bénissant est
i.M. de Rossi a prouvé récemment que la mosaïque est du temps^ du pape Pascal II (1099-1118).
ORNEMENTS d’aMBONS, DE CHAIRES, DE COLONNES, ETC.
avec l’ancre et Laurent avec le gril, instruments du martyre, et plus bas Jérémie et Isaïe; la composition est
entouré des animaux évangéliques; au-dessous d’eux se trouvent, à côté des apôtres Pierre et Paul, Clément
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arrêtée par une inscription et par la frise traditionnelle des brebis sortant de Jérusalem et de Bethléem. Les cloisons du chœur et les ambons en marbre sont ornés d’incrustations en mosaïques de couleur; ces petits ornements, formés de figures géométriques, de combinaisons infinies et toujours harmonieuses de tons, rompent d’une façon très heureuse la monotonie des marbres blancs. Ils abondent dans les églises de T Italie et forment parfois des panneaux entiers ; nous donnons quelques-uns de ces innombrables dessins *.
Le pape Nicolas IV eut, comme Pascal Ier et l’impératrice Galla Placidia, un goût fort vif pour la mosaïque ; dans un court pontificat de quatre années, de 1288 à 1292, il fit exécuter les ouvrages très considérables des absides de Saint- Jean-de-Latran et de Sainte-Marie- Majeure. Saint-Jean « omnium urbis et orbis ecclesiarum mater et caput » fut toujours une des grandes basiliques privilégiées de Rome; l’empereur Constantin fit don du palais des Laterani au pape, qui le convertit en église; malgré bien des vicissitudes, l’édifice5 après dix siècles, restait vénéré et grandiose. Nicolas IV ordonna à un moine franciscain, Jacques Torriti, dont l’histoire ne fait aucune mention jusqu’alors, d’entreprendre la mosaïque de la voûte de l’abside. Nous avons fait sur place une étude spéciale de cet ouvrage, et nous allons le décrire avec détail2.
La figure en buste du Christ apparaît au haut de la voûte ; elle est nimbée d’or, et son regard puissant et