SAINT JACQUES LE MINEUR
Par Jacobo Torriti.
(Basilique de Saint- Jean-de-Latran$ xme siècle.)
scription; les apôtres du bas, parmi lesquels se trouve Jacques le Mineur, dont le dessin que nous donnons vient de l’estampage1, sont hauts de 2m,8o, et se présentent à 7m,65 du pavé de l’église; la tête de Jacques a om,43 de haut sur om,36 de large. Le mérite de Jacques Torriti est assez grand pour qu’on puisse lui retirer dans la mosaïque absidale de Saint-Jean ce qui ne lui appartient pas, ou du moins ce qu’il a imité par goût ou par ordre des mosaïques antérieures. La croix et les cerfs se retrouvent dans la voûte de l’église de Saint-Clément, dont la mosaïque purement ornementale ne peut lutter, en tant que composition, avec celle de Saint-Jean; les cerfs décoratifs sont d’origine païenne, mais les artistes chrétiens s’en sont emparés dès les premiers temps. Le Jourdain, formé par la réunion des fleuves qui sortent de la montagne, est une réminiscence ou une copie de l’antique; sur ses eaux et sur le terrain qui les borde, douze enfants s’amusent avec des voiles, des oiseaux en cage, naviguent sur de légers esquifs traînés par des cygnes, pêchent et jouent en folâtrant; la touche est fine; le dessin, délicat et prestement enlevé, est dans le style des meilleures mosaïques païennes. En i3o8, après l’incendie, Gaddo Gaddi fut appelé à Rome par le pape Clément V pour terminer, dit Vasari, quelques travaux laissés inachevés par Torriti dans l’abside de Saint-Jean. D’un autre côté, le hasard a fait qu’il y eut un mosaïste du nom de Jacopo da Torrita qui avait travaillé au baptistère de Florence ; prenant les deux mosaïstes pour le même artiste, quoique l’un signe da Torrita et l’autre