PARTIE DE LA CRUCIFIXION, D’APRES LE PORDENONE. Par F. et V. Zuccati
(Eglise de Saint-Marc, à Venise, xvie siècle).
avait enseigné au Titien les premiers éléments du dessin, et, comme le but de la mosaïque était alors d’imiter la peinture, il est évident qu’un peintre devait mieux que tout autre arriver à ce résultat. Mais on alla plus
loin et un concours fut ouvert : le sujet était une figure en mosaïque de saint Jérôme. Les juges furent Paul Véronèse, le Tintoret et Sansovino; ils placèrent les concurrents dans Tordre suivant : Francesco Zuccato, Gian Antonio Bianchini, Bozza, Domenico Bianchini. L’ouvrage du premier fut donné en présent au duc de Savoie; celui de Bozza se voit encore dans la salle du Trésor et ceux des deux autres dans la sacristie de l’église.
Les anciennes mosaïques de Saint-Marc étaient déjà au commencement duxve siècle en mauvais état; les incendies de 1419 et de 1429 les endommagèrent gravement, et de plus elles n’étaient pas du goût des peintres de la Renaissance, qui regardaient comme des œuvres barbares les ouvrages des trecentisti et des qiiatrocentisti ; les administrateurs de l’église eurent donc à pourvoir aux restaurations et aux renouvellements partiels, et en outre ils décidèrent, sur la proposition du Titien, que toutes les vieilles mosaïques seraient remplacées; ce travail commença dans l’atrium, vers i53o, et vingt ans après, toute la partie du milieu comprise entre les deux grandes portes était décorée d’ouvrages nouveaux. La réaction s’opéra en 1610; le gouvernement rendit un décret défendant de détruire les anciennes mosaïques et ordonna que dans le cas où le remplacement serait inévitable, un dessin très exact serait levé, afin de rétablir les ouvrages dans leur état primitif1. Le décret de 1610 a été inspiré par un sentiment fort louable, mais il fut impuissant, et aujourd’hui qu’une semblable disposition a été remise en vigueur, elle restera sans effet chaque fois