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de Maria Simplicia et de son époux, Flavius Julius Julianus. M. de Rossi a démontré que cette famille occupait d’importantes charges publiques à Rome, et que la mosaïque doit remonter à la deuxième moitié du ive siècle1. On remarque dans les vêtements des cubes à feuilles d’or, ce qui pourrait être un renseignement technique précieux, car c’est pour la première fois qu’apparaît cette matière ; il est prudent néanmoins de se tenir sur la réserve, car rien ne prouve que l’or ne provient pas des restaurations postérieures. En somme, c’est plutôt à titre de curiosité que comme spécimen qu’il faut envisager les portraits des deux chrétiens. On peut citer encore dans les catacombes de Calixte un sarcophage surmonté d’un arc qui était décoré d’une mosaïque représentant le Christ avec saint Pierre et saint Paul, et, dans le cimetière Saint-Hermès, des sujets plus compliqués, tels que Daniel dans la fosse aux lions, en prière les mains vers le ciel ; le paralytique avec son grabat et la résurrection de Lazare. En dégageant ces figures des restaurations dont elles ont été l’objet, on y retrouve le style de la décoration des catacombes imprégné encore d’un certain sentiment de l’antique; mais, comme les peintures en général, elles ont été exécutées par des mains guidées bien plus par la foi que par le talent.
Il est peu d’ouvrages qui offrent autant d’intérêt à l’archéologue, à l’artiste et à l’histoire que la mosaïque de Sainte-Pudentienne, et, par un hasard étrange, il en était peu de moins connue avant que M. Barbet de
1. P.-B. de Rossi, Musiaci christiani delle chiese di Roma, Rome, 1872.
Jouy l’eût signalée; le peuple de Rome en ignore l’existence, quoique sainte Pudentienne et sa sœur sainte Praxède soient toujours l’objet d’une vénération populaire. Elles étaient filles du sénateur Pudens, l’hôte de saint Pierre, et reçurent le baptême de l’apôtre, ainsi que leur père, leurs deux frères Novatus et Timothée, et quatre-vingt-dix serviteurs de la maison. Pudentienne et Praxède moururent martyres et la demeure qu’elles habitèrent fut consacrée par le pape Pie Ier, vers le milieu du np siècle; l’église subit diverses transformations vers la fin du ive et au vme siècle ; on la voit de nos jours comme le cardinal Gaetani l’a fait restaurer en 1598. M. Barbet de Jouy pense que la mosaïque est du vnie siècle1 ; de plus récentes recherches de M. de Rossi font croire qu’elle date de la fin du ive siècle, ce qui est aussi l’opinion de M. Vitet2. L’ouvrage a subi d’importantes restaurations et peut-être aussi quelques additions 3, mais son caractère essentiel n’en a pas été altéré. La mosaïque occupe la tribune de l’abside ; son importance nous a déterminé à en donner la composition4. Le haut de la voûte est couvert de nuages d’où sortent les figures colossales des animaux évangéliques : l’Ange, le Lion, le Bœuf et l’Aigle; plus bas, l’horizon est limité par un portique en forme d’hémicycle et par les monuments d’une cité ; au centre de la ligne du palais et des temples s’élève un monticule aride qui sup-
1. Barbet de Jouy, Les Mosaïques chrétiennes des basiliques et des églises de Rome , Paris, i8bq.
2. Vitet, Dissertation sur les mosaïques chrétiennes. Journal des Savants, 1862, i863.