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2. Le groisil provient des déchets d’une semblable composition; dans les premières fontes il est remplacé par les autres matières en proportions.
bleu, de nickel pour le brun, d’urane pour le jaune et le noir, de cuivre pour le vert et le rouge, de chrome pour le vert, de fer pour le jaune et le brun, de platine pour le gris, d’iridium pour le noir, etc., etc., ou au moyen de ces matières mélangées. La qualité des smaltes est d’être légers, très opaques, pas trop brillants dans la cassure qui doit se produire nette et sans éclat. Il est important que les matières alcalines ne soient pas en excès, car si fortuitement la partie se trouve avoir été mal cuite ou insuffisamment recuite, il peut se produire une décomposition qui amène un notable changement dans la coloration primitive; la robe de la femme à genoux de la Transfiguration était rose comme dans le modèle, lorsqu’elle fut composée au xvme siècle; quoique placée dans Saint-Pierre à l’abri des influences extérieures, elle fut, moins de cent ans après, couverte en partie de taches verdâtres qu’on ne peut attribuer qu'à un défaut de proportion dans les matières.
La fabrication des smaltes pour fonds d’or ou d’argent (ces derniers sont bien à tort rarement employés) est plus compliquée. L’or n’est pas dans la masse, il est placé en feuille très mince sur le smalte et recouvert d’une pellicule de verre blanc. Le résultat s’obtient de la façon suivante : on prend un disque de verre incolore et très mince, légèrement bombé; dans le creux on applique une feuille d’or et on fait chauffer; on coule ensuite sur l’or la matière des smaltes en fusion, on aplatit, on remet au four, et après la recuite on laisse refroidir insensiblement. Le procédé exige un tour de main qui est la spécialité des verriers de Murano. Les novateurs ont vainement essayé de dorer d’une autre
LA TECHNIQUE
façon, notamment en traitant les smaltes comme la porcelaine, ils n'ont pas réussi; et quoique la méthode de Murano ne donne pas des produits parfaits, elle est la meilleure. Les trois parties dont se compose le produit, le verre, For et le smalte, ne sont pas, en effet, toujours unies d’une façon très intime et leur dilatation n’est pas identique ; après un laps de temps qu’il n’est pas possible de prévoir, la pellicule de verre se détache et laisse à nu la feuille d’or qui, n’étant plus soutenue, tombe à son tour et découvre la couleur du smalte, qui est généralement d’un rouge foncé ; le fond d'or, par suite, est semé de taches qui forment comme des ombres répandues au hasard; le mal parfois n’est pas grand, car il adoucit un éclat métallique trop vif.
Il est clair que les smaltes peuvent être remplacés par des marbres, de la terre cuite, des pierres naturelles, qui seront toujours à meilleur compte; ainsi, dans Saint-Pierre, on a fait usage d’une pierre couleur de chair qui se trouve à Cotanello près de Rome, et à Salerne on a pu se servir des galets du golfe pour rehausser les parties blanches de la mosaïque de Saint- Mathieu. Quelquefois, mais fort rarement, les mosaïstes du Moyen âge et de la Renaissance ont employé les pierres fines, la nacre et même les coquilles d’œuf.
La galette de smaltes est débitée en cubes au moyen d’un outillage fort simple. On la pose à plat sur un coupoir, tagliolo 4, et d’un coup sec appliqué avec le marteau tranchant, martellina , on divise la masse; pour le marbre ou la pierre on emploie le marteau à pierre,