‹ La mosquée d'HassânChapitre 28 sur 29 · Û A 2A SA AA SL · texte numérisé non relu

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Fig. 17. — Restitution des porches de l’enceinte d’après le soubassement et les grandes portes de Rabat, de Meknès et de Fez. (Voir Gg. 16.)

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les renseignements fournis par la construction sont aussi contradictoires que ceux donnés par les édifices où l’on célèbre le culte.

Par exemple, des excavations destinées à recevoir des crapaudines ou des gonds se présentent sur le seuil intérieur de la porte n° i . Elles sont au nombre de trois — deux aux extrémités, une intermédiaire — et, par leur place inusitée dans l’architecture musulmane, elles semblent bien concerner une porte et un portillon intérieurs.

D’autre part, une disposition dont l’explication a été fournie par les exemples de constructions récentes indiquerait que les vantaux étaient à l’extérieur. Il s’agit d’une murette haute de o m. 4o, soit^A=o m. 4oi5, qui barrait l’entrée, en prolongement des ailettes extérieures (fig. 19). Il se pourrait quelle eût été établie pour recevoir la butée des vantaux, et qu’elle eût eu aussi pour objet d’arrêter la poussière et les immondices du dehors et de les empêcher de souiller la mosquée.

Au delà des porches, on a découvert à l’extrémité Nord du côté Ouest de l’enceinte et, plus tard, à

l’extrémité Nord du côté Est deuxloges de gardien(s«p. , p. 23o, 23 1 et fig. 1 8). Elles sont mitoyennes et comprises dans la longueur de 16 m. io5, soit 2oA = 16 m. 06, disponible entre l’axe des sixièmes

IMPRIMERIE NATIONALE

porches et le parement intérieur du côté Nord de l’enceinte (Fig. 1 8 ) . Ces loges dont la profondeur est de 1 m. 80, soit de (2 +£) A = 2A + ;=im, 80675, et l’ouverture de 3 m. 4i et 3 m. 42, soit de (4 + 7) A — 4A-j-~=3 m. 41275, ont à l’intérieur comme longueur, les premières 4 m 59, soit (5+0 A=5A+ 2a = 4 m. 6 17 25, etles secondes 6 m. 42, soit 8A = 6 m. 4s4- En outre, les secondes présentent deux estrades formant lit de camp. L’une carrée, de 1 m. 80 de côté, est préservée de l’air direct par un large écran maçonné; l’autre, plus

étroite, est moins bien garantie. Les premières loges sont séparées des sixièmes porches par une traverse épaisse de o m. 82.

L’existence d’autres loges aux extrémités Est et Ouest du côté Nord de l’enceinte est manifeste, mais l’état des ruines ne permet pas de relever leurs dimensions.

Les murs delà salle Centrale ( sup p. 21 4; inf., 3 1 2 ) sont moins puissants que les murs d’enceinte (Fig. 19 et 19 bis). Leur épaisseur constante est de 1 mètre, soit de (1 +7) A= iy = 1 m. oo375.Ilssonten briques au lieu d’étre en béton, mais présentent un socle et, an droit

des files transversales, des contreforts à redents exécutés en moellons smillés. Les contreforts analogues à ceux des porches sont eux aussi établis sur un tracé rythmé.

Dès l’abandon de la mosquée consécutif à l’incendie [inf., § VIII, p. 3o4 à 3o6), les matériaux employés dans la construction des murs de la salle Centrale excitèrent la convoitise des habitants de Rabat et de Salé. Les pierres de taille et les moellons smillés furent pillés, les murs de briques, démolis, et il ne resta guère en place que le béton des fondations. Aussi bien, les seuils et les jambages des portes intérieures ont-ils à peu près disparu. Les vestiges de l’une d’elles persistent dans l’entre-axe 6-7 du mur Ouest. On en devine une autre dans l’entre-axe 11-12 du même mur. Toutes deux répondent aux porches et aux baies extérieurs, désignés sous les numéros 2 et 3 et se répétaient à l’extrémité orientale de la travée. Malgré le fâcheux état des ruines, ce point parait acquis.

En revanche, la question de l’éclairage intérieur de la mosquée n’a pas été résolue par les fouilles et, au surplus, ne pouvait pas l’être. Il faut recourir aux monuments religieux mogrébins pour y chercher les éléments d’une restitution. Or, dans les mosquées comme dans les médarès, le jour pénètre par les allées ouvertes à une extrémité ou, du moins, que ferme une clôture en moucharabiehs haute environ de 2 m. 4o. Quand les combles butent sur un mur plein, le pignon est percé d’une fenêtre dont la garniture de bois ou de briques ajourée laisse fdtrer également quelques rayons de lumière. De toute manière, l’éclairage est distribué avec parcimonie. Il n’en fut jamais autrement dans les pays de très grand soleil.

La découverte de nombreux voussoirs de briques sur le sol de la salle Centrale ( sup ., p. 1 8 5 ) montre que les colonnes étaient couronnées d’arceaux (inf-, p. 27g, note 1 à la p. 280) sur les tympans desquels s’appuyaient les fermes (fig. 20 et 21). En décrivant cette salle, j’ai fait observer que les extrémités Nord et Sud des fdes longitudinales se terminaient par des culées composées d’une demi-

colonne engagée dans une pile de section rectangulaire (sup., p. 188, 1 g 1 cà 194, 235 à 248).

La section droite des culées est rythmée d’une manière rigoureuse. Les tracés que j’en ai donnés (sup., p. 2 36 à 248 et fig. 5, 7) me dispensent d’entrer dans de nouvelles explications. J’observerai, seulement, que les piles-culées n° 3 encastrées dans le rocher sont moins

Fig. 20. — Restitution cotée des arceaux de la salle Centrale.

massives que les piles-culées n° 2 1, en bordure du réservoir maçonné et assises sur des fondations très profondes. Un détail relevé à la fin de la seconde campagne de fouilles témoigne de la timidité de 1 architecte devant les poussées au vide. Il ne se contenta pas d’attribuer aux piles-culées n° 2 1 plus d’empâtement qu’aux piles-culées n° 3; il construisit entre les files de colonnes nos 20 et 21 deux piliers de briques

(sup., p. 191), pareils à ceux de l’Annexe et interposa une sorte d’arcboutant qui transmettait à la pile-culée une poussée fort amoindrie.

Le minaret se dressait apparent depuis la base (sup., p. 174, 179, 180). Les fouilles ne pouvaient rien apprendre à son sujet; au surplus, il appartenait à une autre famille architectonique que la mosquée proprement dite ( inj p. 295 à 297, 3o3, 3o4)- Ces deux raisons m’en ont fait retarder la description.

Ainsique je l’ai signalé et comme les photographies le montrent, la tour n’a pas reçu de couronnement (phot. 2, 6, i3). Elle est établie sur plan carré, mesure à la base 16 m. 12, soit 2oA = 16 m. 06 et atteint, en moyenne, 44 mètres au-dessus du carrelage du Q. R. Ses faces Est et Ouest sont à cheval sur le parement extérieur du soubassement. Sa face Nord qui, par conséquent, se prolonge jusqu’au sol naturel bénéficie d’une hauteur supplémentaire de 6 mètres, environ, égale à la différence de niveau entre ce sol et le carellement intérieur. Si l’on se réfère à de nombreux exemples dont l’un est emprunté à la célèbre et ancienne mosquée El Kairaouyn de Fez, décrite dans le Roudli el Kartas (sup., p. 219), la hauteur rituelle du minaret eût égalé la longueur du périmètre à la base, soit 16, 1 2 X 4 = 64 m. 48 = 80A. Les grandes colonnes ayant 8A de hauteur, il eût donc fallu en empiler dix pour atteindre la crête du minaret. Les architectes élevés dans les traditions rythmiques de l’antique Orient se complaisaient à ces jeux de chiffres (sup., p. 1 73 ; inf., p. 3 1 3). Il est présumable que la dimension verticale était comptée à partir du niveau du carrelage intérieur.

La porte où conduit un large perron demi-circulaire (fig. 1 ; phot. 6, 17) débouche sur une galerie intérieure, parallèle à la façade Nord. A la suite, commence une rampe assez douce pour être gravie à cheval et dont les révolutions se développent de droite à gauche. Elle constitue l’extrados d’une voûte en berceau et s’enroule autour d’un giron évidé où s’étagent des pièces couvertes en coupole sur trompes surbaissées. De longues fenêtres prises dans le mur

extérieur y répandent une lumière douce, tandis que les pièces du giron s’éclairent sur la rampe et sont relativement obscures.

La décoration des parements, très élégante, très étudiée, repose sur l’emploi de motifs imbriqués. Le triangle équilatéral et le triangle rectangle égyptien (1) régissent alternativement les tracés, de sorte que les deux thèmes de l'architecture chaldéo-perse ont été mis à profit.

J’ai dit ailleurs que la décoration était en placage posé sur le grosœuvre des maçonneries ( Inf. , p. 3o3).

§ VI. Restitution des toitures.

La tonne des piles-culées a une signification très claire. Les demicolonnes recevaient la naissance des seuls arceaux qui poussaient au vide et les piles résistaient aux forces destructives ou poussées qui leur étaien t transmises. Aucun indice de dispositions analogues n’a été relevé sur les piles transversales. Les arceaux, s’il en eût existé dans ce sens, eussent poussé au vide depuis la file 1 5 jusqu’à la file 20. Or, comme il est inadmissible que le type de la couverture ait varié suivant la position des files, l’on doit admettre que les arceaux de briques surmontés de tympans réunissaient les colonnes dans le sens de la longueur et qu’ils faisaient défaut dans la direction transversale (lig. 20). Les vieilles mosquées de Damas ainsi que celles d’Amrou etdeTouloun, au Caire, présentent des exemples célèbres de cette disposition.

Les arceaux découverts au cours des fouilles ( sup p. 1 85 ) sont à l’état trop fragmentaire pour en déduire un tracé certain; ils n’en fournissent pas moins des renseignements précieux. Ils sont montés par assises horizontales sur une partie de la hauteur et le sommier où s’appuie le premier voussoir fait avec le plan horizontal un dièdre de 5o° environ (fig. 20, 21). Dans un plein cintre construit par assises horizontales jusqu’au joint de rupture, l’ouverture du

Il s’agit d’un triangle isocèle composé de cotés suivant la hauteur et dont tes côtés sont leux triangles rectangles, égyptiens, égaux, ac- à la base comme 5 est à 3x3=6.

dièdre ne dépasse pas 1 70. Tel n’est point le cas. C’est manifeste. Mais deux autres hypothèses peuvent être envisagées : ou le plein cintre reposait sur un congé très élevé et les briques rayonnaient autour d’un centre fictif, ou le voussoir appartenait à un arc outrepassé.

Fig. 21. — Epure fie la voussure.

Je me rallie sans réserve à cette dernière solution. En effet , si l’on considère la porte du minaret (pliot. 17) et si l’on agrandit le tracé de l’intrados à la mesure des travées de la salle centrale , les fragmen ts d’arceaux provenant des fouilles s’incrustent dans l’épure ainsi rétablie, épure dont le thème très simple se développe autour du triangle équilatéral construit sur l’ouverture de l’arc comme côté(1). Je ne crois pas que

(1) Voir p. 280 le calcul du rayon de l’ogive (fig. 21 ).

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