I.A Mi'i. (.lib: DES i.ui'Ulti!:S
vanche, il détaille l'ouverture du F/iegender Ilollander avec une inflnie variété de nuances, et interprète l'admirable Siegfried-Idyll avec une émotion personnelle si intense, une pénétration si profonde, que je n'ai pu retenir mes larmes en l'écoutant, pas plus que lui d'ailleurs.
(Je songeai que ces nobles pleurs ne devaient pas rendre commode au jeune capellmeister la lecture de sa partition, mais je gardai ma réflexion pour moi.)
Pour finir, l'ouverture de Tannhdeuser, la seule que l'on n'ait pas jouée à son ordre chronologique. Des rappels, des « hurrah 1 » un véritable triomphe, mérité par le beau mépris de Siegfried pour les petites habiletés et les petits effets, mérité par la... coxnmenl dire? .. .^b-tIr Selbstbeherrschung avec laquelle il laisse chaque mélodie s'affirmer librement, effectuer son développement normal, jusqu^à l'explosion du majestueux choral de la fin. .Je vous le dis, nous pouvons beaucoup espérer pour l'avenir du théâtre de Bayreuth.
Puis mon interlocuteur me parla des récents événements parisiens, de l'action de
Gwendoline, « d'une simplicité savante » ; de VÉcho de Paris^ « journal d'avantgarde » ; il me demanda quel rédacteur cachait le bonnet rose de 1' « Ouvreuse du Cirque d'Été ».
— Je l'ignore absolument ; ses Lettres vous plaisent-elles?
— Souvent ; une certaine compétence musicale se mêle à son humour; il est mordant, d'ailleurs, et plus d'un joke emporte le morceau.
— Joke l'Eventreur, alors?
Nous nous quittâmes sur ce mot. ; 12 janvier 189 'i.