LE FLIBUSTIER
Quand M. Fugère, le nez auréolé de gloire, est venu jeter aux courageux restés dans la salle de l'Opéra-Comique jusqu'à raccord de la final son annonce : « La pièce de M. Richepin, que nous venons de jouer, a été mise en musique par M. César Cui », des applaudissements se sont fait entendre, qui s'adressaient à l'interprète plus qu'au poète, au poète plus qu'au musicien, général du génie, comme on sait, auteur dont on apprécie — en Russie — les écrits sur le contrepoint et lacontrepointe, mais trop enclin à délaisser la fortification permanente pour les partitions passagères.
.Sous prétexte que l'action du Flibustier se passe en Bretagne, pays dont les habi-
tants s'enivrent volontiers, M. Cal a écrit de la musique grise, du moins à ce qu'il m'a semblé. Je ne réponds jamais de mes impressions, quand TOp. Com. donne un ouvrage nouveau, parce que M. Danbé, à dessein de ne pas gêner les conversations des journalistes qu'il vénère tous, conduit son orchestre, les soirs de première, avec une douceur qui confine à Tataxie.
Cette élégante nonchalance lui a joué un tour assez drôle, vers la fin du dernier acte ; au lieu de repêcher le terrien Taskin et le fin matelot Clément qui barbotaient éperdument, il a perdu le nord et tout laissé aller à la dérive, si bien qu'il a fallu recommencer en partie la scène de la dispute et que la colère du petit gars aimé de Janik a, par deux fois, éclaté : « Ah ! c'est trop à la fin!... » au profond ébahissement des amis de M. Cui, restés Cui-nauds.
J'aurais peut-être dû commencer par le commencement ! Tout en opérant une industrieuse salade des pardessus et des parapluies commis à mes soins, j'ai cru entendre passer dans la prolixe ouverture d'abord le Thème de la mer, murmuré par
les dûtes et les violons, con sordini^ et que Fugère fait applaudir au premier acte ; puis une grande phrase, également maritime, développée au cours du trois : Et les beaux jours vécus sur elle à pleines voiles ! Et les nuits où Von croit cingler vers les étoiles! Si vous y tenez, j'ajouterai que Talt^ solo s'est médiocrement distingué en nous Texposant.
Ernst a très bien analysé la pièce. Oyez : Un vieux marin vit retiré avec sa petite nièce, Janik, et la mère d*icelle, Marie- Anne. Depuis treize ans, son petit-fils, Pierre, est parti « dans la flibuste », et le grand-père, malgré l'absence de nouvelles, attend son retour sans inquiétude ; le gars reviendra riche, pour épouser Janik. Or, voici Jacquemin, le « matelot » de Pierre; il vient annoncer qu'il a vu disparaître l'absent après un combat furieux contre les Espagnols, et qu'il le croit mort. Marie- Anne, qui la première apprend ces nouvelles, fait cacher Jacquemin, voulant préparer le grand-père au malheur qui va détruire ses tenaces illusions.
Mais sa prudence est vaine, Jacquemin,
découvert, est pris pour celui qu'on attend. Treize ans, cela change une figure, n'est-ce pas? Le vieux marin est convaincu qu'il a son Pierre maintenant, et Janili, qui partage la même croyance, aime déjà ce beau jeune homme de tout son cœur. Jacquemin, loyal, la détrompe, et veut partir ; mais l'amour survit à cette révélation. Le véritable Pierre reparait ; après les premières fureurs, il voit que son ami Jacquemin est innocent de toute trahison, et que le cœur de Janik ne peut plus se déprendre. Courageusement, il renonce à la main de sa cousine. D'ailleurs, lui-même, qui a fait fortune au Mexique, n'aime plus à s'embarquer ; il est devenu « terrien » ; tout est mieux ainsi,. et le vieux père, toujours passionné pour la mer, aura pour gendre un fin matelot.
Je m'en voudrais toute ma vie de ne pas vous décrire l'unique décor du Flibustier, dû à MM. Rubé et Chaperon, fort réussi, ma foi. Il représente le logis d'un marin avec, au plafond, des épis de maïs, sur des étagères plusieurs modèles de bateaux, des pavillons, des armes, tout ce qui peut, en-
fin, convenir à un habitant de la cilé guerrière^et impatiente du joug, dont le fabuliste latin (on a son brevet supérieur !) a loué l'amour de la liberté acquise au prix des périls : « Saint-Malo periculosarn libertatem. » Près delà cheminée, une boite qui contient tout le sel de la pièce, une petite boite. Puis, une statuette de la sainte Vierge, a Stella maris )>.
A propos de Stella — ouf! quelle transition-! — je note, au balcon, la présence de la brune idem, Yvonne pour ses intimes ; j'tidmire aussi le délicieux profil de Mademoiselle Vuillefroy, la beauté majestueuse -ule Madame Salla, créatrice de TAmbrosienne Francesca di Rimini^ et Madame Irma Perrot, dont une ou deux chansons viendraient bien à propos égayer l'ennui de ces mélopées qui n*en finissent plus.
A dessein de prouver mon impartialité, je me déclare très satisfaite d'un petit chœur étrangement rythmé, à cinq-quatre je crois, joli de couleur, pittoresque d'allure, malicieux d'orchestration : Laissons à nos amoureux tout le temps d'être heureux j si joli, si pittoresque, si malicieux, que je
144 LA MOUCHE DES CaOGHES
soupçonne le musicien russe de Tavoir emprunté au trésor de nos lieds de France.
Mais le reste ! Malgré les indispensables coupures opérées à la suite de la répétition générale, malgré la suppression d'un terrible bavardage entre Marie-Anne et Janik (où se trouvait un petit motif pleurard déjà exposé dans l'introduction du deuxième acte), cette trop sage partition inspire aux plus courageux d'invincibles somnolences.
Sait-on que le grand-duc Alexis disait un jour: « Oui, bon général, mais sa musique 1 Si j'avais un éléphant méchant, je la lui ferais entendre ; elle le calmerait aussitôt ».
Effectivement, nul ne résiste. Mademoiselle Landouzy s'assoupit en nous débitant son andante au bromure de potassium :
Voyons^ ce* que fépy^ouve est mal! (Et nous donc!) M. Pons pionce, M. Roupy roupylle, Madame Tarquini d'Or.
Pour tenir bon, je suis obligée de m'accrocher aux menus détails, au coquin de la bémol décroché là-haut, tout là-haut, par Fugére, quand il reprend la vieille chanson delà fille du roi, lonlal au dernier accord, exquis, de la pénultième me-
sure de l'arioso en ré bémol, roucoulé par le ténor, aux timbres piquants du dernier entr'acte, où résonne, pimenté de triangles, de timbales et de cuivres, un allègre motif de marcbe qui accompagne, plus tard, l'interrogation passionnée du vieux : Et quand avec ses pavillons flottants,.. Peu de chose, en somme.
Les messieurs d'un cerlain âge espéraient se rattraper au ballet. Je t'en souhaite ! Un q^uarteron de danseuses maigres (bas blancs comme au temps de Paul de Kock, souliers découverts, culottes froncées au genou) qui gesticulent sans entrain, sur des airs de biniou, c'est un peu biniouf !
22 janvier 189 k.
Séance tout intime aujourd'hui jeudi chez M. Lamoureux ; pénombre discrète, Polonaise de Chopin, mamans accompagnées de leurs fillettes, orchestre réduit, cantatrice demi-teinte, pourboires enfantins. Applaudissements modérés après la Symphonie en ut mineur^ dont George Vanor, arrivé pendant le scherzo, a dû entendre la fin derrière la porte, malgré ses protestations, solidement çiaintenu par ma collègue Billard et moi, les deux plus fortes poignes du Cirque, comme on sait. Le Patron ne m'en voudra pas si je lui révèle que son exécution de Beethoven n'a pas euiballé les assistants ; d'aucuns Tout trouvée un peu molle, certains un peu sèche ; pourtant, lors de l'ultime rentrée du thème deVadagio con moto, le canon à l'unisson,
à une mesure de distance, fut rendu par les violons et les flûtes, par les clarinettes et les bassons, délicieusement, de façon à ravir l'auteur d'A travers chants^ conférencier 1830 fort applaudi à la Bodinière, nul ne l'ignore.
On accueille favorablement l'Air d'entrée d'Elisabeth, dans lequel cette naïve petite passionnée emploie « le ton innocent de sol )) (comme dit amoureusement Ernst, féru dé tendresse pour la nièce du landgrave), à dessein de nous dire son affection fourvoyée, et combien elle gobe son infidèle Tannhaeuser, ténor à bonnes fortunes. La cantatrice, une blonde étoffée, s'en tire honorablement, et l'on s'accorde à reconnaître qu'au Wagner mademoiselle Lucy de Lammer mord.
Mais les retardataires arrivent en foule, pour ouïr le Concerto-Stûck de Silvio Lazzari, de l'inédit, du nanan! Voici le peintre Paul Robert, au poil noir comme l'encre (de toute petite vertu) ; Saint-Auban, critique antisémite, qui se hérisse à l'idée d'entendre jouer M"® Panthès, pianiste d'Israël ; Paul Masson, tâchant de placer des
LA MOUCHE DES CnOCIIES 149
billets pour sa prochaine conférence, la Fumisterie et les Fumistes, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; Le Borne, navré du départ de Paderewski (je vous expliquerai pourquoi) ; Corneau mélancolique ; Pottecher encore hilare de la gaffe survenue au trois, lors de la première du Flibustier, sans aucun profit pour la réputation de l'auteur, malgré le dicton Is fecit Cui prodest ; Francis Magnard, père d'Albéric et, par conséquent, grand-père de Hagen (il se fera expliquer ça par Fauteur fï Henriette) ; les docteurs Pietri, Vivier et autres.
Intrat vélocement Panthès, brune, robe rose clair, décolletée, manches très enlevées, — le morceau a été bien enlevé aussi, — démarche féline et exotique, rien de la Panthès des Balignolles, observe M. Poiré, bibliothécaire, compositeur, wagnérien et homme exquis par-dessus le marché. Elle se donne un mal de tous les diables, pétrit nerveusement son médiocre Erard, montre de la vigueur, de la décision, et aussi qu'elle joue des épaules. (Eviter désormais ces manches traîtresses et
leur balancement révélateur. ) Allegro con fuoco, elle te vous dompte les dièzes sur la côte d'ivoire. Ah! mais! On la rappelle trois fois, elle jette aux applaudissements de reconnaissants sourires, elle salue en danseuse, elle s'en va, et Lazzari, placé par mes soins aux premières de face, est seul à ne pas acclamer son savoureux concerto, très musical et très brillant, de coupe neuve (un thème d'exposition et deux thèmes principaux), de sonorités charmantes, merveilleusement joué par la pianiste et par notre orchestre — honneur au glorieux trio de nos trombones ! — et que le Patron ferait pas mal de nous redonner un de ces dimanches.
Très carrément, le piano nous sert le thème d'introduction, au milieu d'un fouillis orchestral que j'aurais besoin d'entendre une fois encore, puis mademoiselle Panthès se tait assez longtemps et repique pour nous amener à la pt*ésentation du premier thème faite par les bois, des Bois pleins de mérite, ce qui ne permet pas de les confondre avec le Mage de ce nom ; un adorable pianissimo des cuivres expose le se-
cond thème dont le développement, joint à celui de la première idée, s'effectue au cours d'une cadence, je ne vous dis que ça ! Dans la péroraison, mouvementée comme celle d'un discours de Clovis Hugues, l'orchestre retripote le premier thème et les accords finals ressuscitent le motif initial. C'est fort beau, ma foi! Un italien qui se trouve là me déclare que le Patron, si jamais il exécute Tceuvre de Lazzari devant le roi Humbert, recevra sûrement la croix de Saint-Maurice et Saint-Lazzari. Allons, tant mieux !
Pendant VAnge, vieux lied de Wagner, pas féroce, et orchestré par Mottl, Joly laisse tomber sa canne avec fracas, j'admire la pureté des phrases perlées par nos solistes: Lederer au violon impeccable, et Salmon savant quant au violoncelle, je rends hommage à la voix pure de madame Héglon, je salue au passage le gruppetto du Rheingold et la terminaison de la Romance de l'Etoile, et je constate que les trois quarts des auditeurs me réclament leur vestiaire, peu soucieux d'entendre les froides
ingéniosités de la Fileuse mendelssohnienne, musique de rouet.
Sentimentales et sensuelles, ces danses de Brahms caressantes et bien en chair, de vraies Viennoises.
25 janvier 189 ^i.
P. S. — Kufferath se hérisse devant Debussy, adepte de la nouvelle école du pointillisme musical et de Tamorphisme universel ; le quatuor en sol mineur lui rappelle la Rue du Caire « Rythmes sautillants, heurts violents d'harmonies alternant avec des chants langoureux du violon, de l'alto ou du violoncelle, et qui rappellent le chromatisme des mélodies orientales ; pizzicati faisant songer à des guitares et à des mandolines; flots abondants d'harmonies riches, largement soutenues, évoquant le souvenir du Gamalang, il y a dans ce quatuor un assemblage curieux de sonorités tantôt charmantes tantôt crispées... »
On est toujours le réactionnaire de quelqu'uni
11 n'y en avait, hier, que pour la huitième Symphonie ; l'orchestre du Conservatoire l'a interprétée, celui du Châtelet l'a savetée. Entre nous, ce n'est pas l'œuvre de Beethoven que j'admire le plus, bien qu'elle soit dite en /a, parce que le principal thème de Vallegro initial débute en repour passer en ut; pourtant les 81 mesures du frétillant scherzando à deux-quatre m'enchantent par leur grâce mignonne, par leur frais dialogue des violons et des violoncelles sous lequel un babillage des bois, pianissimo, chuchote ; pourquoi faut-il qu'une cadence à l'italienne, trop peu imprévue, vienne terminer ce... Mais je blasphème! Mieux vaut constater que les abonnés de Colonne ont fêté le menuet, le bonhomme de menuet d'autrefois, qui faisait dire à
Lenz : l'auteur attache au chapeau de ce petit rentier, comme une plume éclatante de sauvage, un solo de trompette.
Il ne restait plus de bravos disponibles en rhonneur du concerto en ré mineur (op. 70) de Rubinstein, Macédoine pour laquelle» le nom de Philippe s'imposait; le baron Freederickz, attaché militaire à l'ambassade de Russie, applaudit la musique de son compatriote, mais le public se montre rebelle, comme l'Hugues de ce nom qui écoute, pensif, entouré de la rédaction de VErmitage, l'esthète Tardivaux, Jacques des Gâchons, frère de Timaigier Andhré, le yoghi Paul Masson, que mes collègues du Châtelet empêchent à temps de s'exhiber le torse nu comme son confrère d'Izeyl, et Pugno noir comme un dièze. Tout ça prend plaisir à la Marche funèbre d'Hamlety pas mal jouée, ma foi, et à la pétarade finale qui fait glousser de terreur les petites cocottes du poulailler.
Réels progrès dans l'exécution des fragments de Parsifal ; peut-être liniront-ils un jour par être proprement joués. Dans le Prélude, pas assez de sentiment mystique et
trop d'attaques pâteuses dans la Verwaindlungsmusik (« Introduction-Marche » traduit le programme) ; il faudrait des microphones pour percevoir l'apparition du Thème de la Cène, que Wagner voulait clamé par six trorabonnes, six, ohé ! Colonne ! Les cloches à Edouard — des cloches à melon — tintent si dégoûtamment qu'il les remplace bientôt par un piano dans la coulisse histoire d'utiliser Philipp ; les coupures continuent à être saignantes ; à la scène des Filles-Fleurs raccrochant leur piteux Commène-Parsifal, — l'air d'un martyr Commène au supplice — on coud pour finir, ô gaffe I 6 maboulisme ! le motif du Gral qui vient là comme un archevêque aux Folies-Bergère. En somme, progrès réels.
Au Cirque, jamais vous n'allez me croire, et pourtant c'est vrai, après un stupéfiant retard qui m'a remplie d'angoisse, — le docteur Pietri me trouvait la fièvre, — la Rhénane de Schumann ne s'est dèclan-
chée qu'à deux heures quarante-six. Seize minutes de retard ! Désormais je m'attends à tout de la part de M. Lamoureux. D'ailleurs, il l'a dirigée à son ordinaire, c'est-àdire magistralement, cette Symphonie en mi bémol, depuis V Allegro où les cors se distinguent, jusqu'au Finale joué par notre orchestre avec une fougue que le Patron eut quelque peine à tempérer; la phrase terminale du Scherzo est poussée par un basson carminatif, nourri d'Armand Silvestre, et qui, Dieu merci 1 ressemble à l'argent : il n'a pas d'odeur.
Beaucoup de jolies personnes : mesdemoiselles Simonnet, plastronnées de satin blanc ; Moreno, coiffée d'un amour de capote gemmée de turquoise; de Mérode, en bandeaux (l'Opéra-Comique, la Comédie- Française, le corps de ballet de l'Opéra, on se met bien chez nous 1). Côté des hommes : Pelet, au verbe tonitruant ; les compositeurs Chabrier, Paul Hillemacher et Gabriel Fabre : les mathématiciens Tannery, le major Heitner à qui j'adresse, de loin une grande révérence — major a longinquo reverentia; — enfin, Léon Daudet, venu
pour analyser les Germes et Poussières de notre Cirque, et coiffé d'un haut de forme étincelant comme un Astre noir.
Sur un Erard que Lyon, de la maison Pleyel, contemple sans tendresse, mademoiselle Marx, — fort applaudie par le grassouillet directeur de Cluny — une pianiste potelée, aux cheveux courts, mais à la berlhe si longue que j'ai songé à haute damoiselle Berthe de Montalant, enlève crânement le Concerto en ut mineur de Saint- Saëns, dédié au Viennois Door, qui fut plus qu'un exécutant brillant ; tout ce qui brille n'est pas Door. Au cours du premier Andantef elle saute le trait qui chevauche sur les mesures 31-32; dans V Allegro vivace, elle détache très nettement les arpèges à six-huit qui cabriolent sur le dessin à deux-quatre de l'orchestre: elle détaille la phrase finale en ut, d'allure un peu archaïque, avec une pureté de son merveilleuse ; on ferait l'âne pour avoir ce son-là !
De triomphales acclamations saluent le Camp de Wallenstein, admirable et fougueuse symphonie où Vincent d'Indy a évoqué le souvenir de la soldatesque
effrénée grouillant autour du GenersLloherstfeldmarschall, brigands wallons, écossais ou allemands qui bataillaient pour la cause catholique et tiraient des mousquetades au crucifix, par passe-temps, dans les églises saccagées.
Dire qu'Engel fut applaudi dans Gliick et Wagner, c'est un pléonasme.