SCÈNE IV
SILVIO, pu.. ADRIEN.
SILVIO, seul, s'asMiyanl à gauche.
Allons ma fortune est faite; je n’ai plus qu’à croiser mes jambes et à laisser venir mon bonheur... Oui, mais n’est-ce pas au prix d’une mauvaise action, que j’achète cetteheureuse aventure? Adrien Verdun, mon poète, est maintenant mon ami. Lui aussi, lui d’abord, est venuàmoi, me confier son espérance et sa poésie. Et maintenant, sur le simple conseil? un inconnu, iotnbé ici je ne sais d’où, je retirerais ma main à cet ami, jeune, ardent et vrai, qui, le premier , m’a tendii la sienne? Non! cela ne peut pas être; cela ne sera pas!
ADRIEN , entrant par le fond; sans voir Silvio.
Impossible d’aborder M. Daubigny ; mieux vaut l’attendre ici dans ce salon retiré, je suis plus sur de l'y trouver seul, (u s'assied à droit*.) Mais ce n’est pas lui qui m’embarrasse. Il s’agit de retirer mon poème à Silvio; comment m’y prendre? Il le faut, pourtant, que diable! Verdi! les Verdi ne se rencontrent pas tous les jours, (n se lève.)
SILVIO, à lui-mèmo, sur la causeuse à gauche.
Il me vient une idée, : Je vais aller de ce pas chez Adrien, je lui raconterai ce qui m’arrive et, ma foi... (n ieiè»o.)
ADRIEN
Au fait, j’ÿ pense; j 3 vais alleb chez Silvio et je lui dirai
carrément que... (u va vers Sylv.o, sans le voir.)
SILVIO, en même tcn.p-, allant vers AJrieu.
Je lui dirai franchement que...
ADRIEN , rencoulraat Sjrlv.o Uce a face. .
Tiens, bonjour!
SILVIO , ctonué.
Bonsoir, mon ami ; tir vas bien?
ADRIEN
A merveille! Je nq t’avais pas vu, je suis si myope...
SILVIO
Je le sais. Que fais-tu idonc là?
ADRIEN
Et toi?
tu vois.
SILVIO
ADRIEN
Moi aÜSSi. (il» se regardent tin moment, très-embarrassés.)
H JPPUCïfE DU Ç0CH§
sfWi’ift..
ApiEX.
S1LVJ0.
A propos?
Hé?
Tu sais, notre opéra?
ADRIEN
Oui, notre ppéra; eh hie»?
SilVio.
Eh bien ! j’ai une idée à te soumettre.
A0IIIKN.
Tiens! j’allais t’en dire autant.
SILVIO
Je t’écoute.
ADRIEN
Non, parle d’abord !
SI1.VIO.
C’est que... j’en ai long à ta raconter.
Pas si long que moi , je t’assure.
SILVIO
Oh! oh ! (a pan.) Qu'est-ce que cela peut être?
ADRIEN
Mais voyons donc ta confidence. On dirait que tq qs peur de moi?
SILVIO
Moi! pas le moins du monde. Voilà ce que c’est.
ADRIEN
Figure-toi, mon ami , qu’il m’arrive la plus singulière aventure .. .
sq.vio. '
M. Scribe...
ADRIEN
M. Verdi m’a fait demanda un poème. Voilà!
SILVIO
Ah bah !
ADRIEN
Mais tu conçois, mon arui, que, bien que j’en aie un tout prêt, je ne veux pas le lui donner; il est à toi...
SILVIO
Si tu tiens pourtant... à. me le retirer.
Fi donc ! Pour qui me prends-tu ?
SILVIO
Si c’est moi, qui t’en prie?
ADRIEN
Je n’en ferai l ien.