DAUBIGNY, ADRIEN
DAUBIGNY , entrant par le fond , A la cantonade.
Vous permettez un instant , j’ai quelques ordres à donner
par là. (il dit tout bas quelques mots i un domestique.)
ADRIEN
Ah! voici mon directeur. Suivons les conseils de monsieur Magloire. (il aborde Daubign».) Monsieur...
OAUBIGNY.
Ah ! cher monsieur , je suis charmé de vous voir ici... Vous venez me demander des nouvelles de votre pièce ?
ADRIEN
Non, monsieur, non. Je venais seulement ré pondre à votre aimable invitation... Votre soirée est charmante.
DAUBIGNV.
Mais votre pièce?
ADRIEN
Ah! oui, ma pièce... (Négligemment.) Eh bien, monsieur! j'ai réfléchi; j’ai vu que j'avais agi fort naïvement, en vous offrant cet opuscule.
DAUBIGNY
Comment?
ADRIEN
Mon Dieu! oui. Vous avez dû me trouver bien jeune, et je l’étais en effet; mais, grâce à Dieu, je ne suis plus si sot que vous l’avez pu croire.
DAUBIGNY
Je ne vous ai pas cru sot, mon cher monsieur, loin delà... vous avez du talent, de l’avenir, du style...
ADRIEN
Des qualités littéraires... Oui , monsieur, je connais la formule. Enfin, je sais la marche que j’aurais dû suivre. On m’a fait des propositions, des propositions fort honorables, et je viens maintenant , si vous le voulez bien , vous redemander le petit cahier que j’avais laissé chez vous.
DAUBIGNY
Rien n’est plus facile ; je l'ai justement ici , car je comptais vous en parler ce soir, (il »on on p.u» mmaKiii d« » pocu».)
ADRIEN
En effet, monsieur, je le reconnais...
jp LA MOUCHE DU COCHE
DATJBIGNY.
Je voulais vous dire que j'ai lu, ce matiq, et très-attentivement, votre poème.
ADRIEN, à part.
Il jnent cpmme un directeur de spectacle!
DALBIGKY.
Oui monsieur, je l'ai lu d'un boutà l'autre, etj'y ai trouvé mieux que de simples promesses.,.
ADRIEN , à part*
Voilà mon aplomb qui produit son effet!
DAUB1GNY.
Enfin, après de très-légers changements , des coupures franches, un travail d’une demi-heure, je vous aurais dit nettement : c'est reçu.
ADRIEN, à part.
J’en étais sûr!...
DAUBIGNT.
Je vous aurais trouvé vingt musiciens pour un , et vous auriez été joué dans l’année !
ADRIEN , te frottant les mains.
Mon affaire est faite! je n’ai plus besoin de Verdi!
DAUB 1 GNV.
Mais, puisqu’on vous a fait des propositions. . . des propositions si honorables et que vous me redemandez votre petit
Cahier, le voila, (il donne le manuscrit à Adrien, qui reste stupéfait, et sort par le fond à gauche.)