‹ La mthode graphique dans les sciences exprimentales et principalement en physiologie et en mdecineChapitre 208 sur 284 · RPIYTHME DE LA RESPIRATION · texte numérisé non relu

RPIYTHME DE LA RESPIRATION

passé du réservoir dans la cloche pour produire l'écart du levier, dont on cherchait la valeur en litres et centilitres d'air.

Il est déjà évident que ce volume est identique avec celui qui a été chassé du poumon dans l'expiration. Mais on a vu tout à l'heure que le tracé recueilli d'après les mouvements de la poitrine est parallèle au tracé recueilli par les mouvements de l'air. On pourra donc, d'après le tracé des mouvements thoraciques, évaluer le volume d'air mis en mouvement en un temps donné, pourvu qu'on ait déterminé le volume d'air correspondant à l'une des respirations inscrites*.

Cette méthode permettra donc d'évaluer les volumes d'air mis en action dans les différentes formes de la respiration, et d'apprécier l'activité de la fonction respiratoire dans diverses circonstances. Pour évaluer les volumes d'air mis en mouvement en un temps donné, on additionnera les valeurs de chacune des respirations contenues dans une même longueur de tracé. Si la respiration est régulière, ce qui est le cas le plus fréquent, il suffira de multiplier le volume d'air inspiré dans un cas par le nombre des respirations.

Fréquence et rhythme de la respiration à l'état normal.

On ne saurait attribuer aux mouvements respiratoires un type normal, car mille influences les font varier. Il en est de la respiration comme de la circulation du sang : l'attitude, l'action musculaire, la température, l'ingestion des aliments, etc., influetit sur l'une et l'autre de ces fonctions. Pour la respiration, la volonté s'ajoute encore aux causes de changement ci-dessiis indiquées, permettant, pour les besoins de la phonation ou de l'action musculaire, de diriger arbitrairement ou de suspendre au besoin, pour quelques instants, les mouvements de la cage thoracique. Ces in-

1. Une objection pourra être élevée contre celte méthode; elle est relative à l'influence de là température sur le volume d'air soumis à la respiration, Cette température n'étant pas la même dans le poumon et dans le réservoir. Or l'expérience montre que cette influence est à peu prés nulle. En effet, si l'air s'échauffait dans le réservoir, après quelques respirations, on verrait la courbe, dans son ensemble, s'élever peu à peu quand on enregistre les mouvements de l'air, ce qui ne s'obserVe qu'à un degré trèsfaible et négligeable. — On peut dotic, assez fldèietlieut, évaluor d'après un tracé des mouvements respiratoires les quantités d'air mis en mouvenient.

fluences perturbatrices seraient très-gênantes dans l'expérimentation, si l'on ne pouvait les éliminer d'une manière à peu près complète. Il suffit pour cela de détourner son attention du tracé qui s'enregistre automatiquement et même de s'appliquer à quelque autre chose qui nécessite une certaine contention d'esprit. Dès lors, la respiration, réduite à l'état de fonction organique, ne subit plus d'autre influence que celle des conditions plus ou moins complexes dans lesquelles on se trouve, et dont nous essayerons de déterminer les effets. En clinique, les sujets mis en expérience ne doivent pas être prévenus de ce qu'on attend d'eux. Pour un grand nombre de malades, la prostration dans laquelle ils sont plongés met, l'expérience à l'abri de toute influence volontaire.

Avant de quitter ce sujet, disons quelques mots des elfets que certains actes volontaires peuvent produire dans la respiration. L'acte de lire à haute voix la modifie profondément. Comme l'expiration est le seul temps actif pour la phonation, l'homme qui lit emplit sa poitrine le plus vite possible, et ménage autani qu'il peut le volume de l'air qu'il expulse, afin de prolonger autant que possible la durée des sons émis. De là une modification importante du rliythme, dans lequel l'inspiration est beaucoup plus courte et l'expiration beaucoup plus longue qu'à l'état normal. Prenons pour type normal les durées suivantes obtenues dans un cas : inspirations 100, expirations 200. Pendant la lecture à haute voix, le rhythme a été le suivant: inspirations 40, expirations 200. Le chant modifie souvent encore plus le rhythme de la respiration; il a donné les rappT)rts suivants : inspirations 18, expirations 282. On peut suspendre ses respirations pendant plus ou moins longtemps, 30 à 40 secondes en inspiration, 25 à 30 en expiration, ou bien en précipiter le mouvement et le porter jusqu'à 120 et plus par minute.

En présence de pareils changements apportés par la volonté dans le rhythme de la respiration, on se demande s'il est possible d'en éhminer entièrement les effets. A cela, on peut répondre affirmativement et en fournir la preuve. En effet, si l'on respire pendant une minute de la manière automatique dont nous avons parlé, et qu'on partage le tracé en deux parties égales, de trente secondes chacune, on voit que chacune des deux moitiés renferme sensiblement le même nombre de respirations, et que la durée relative des inspirations et des expirations est en moyenne sensi-

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