A LA GLOIRE DES CIKUX
Ces tumultes brûlés de vitesse et de bruit Dont nous n'entendons pas rug^ir la violence Et d'où tombe pourtant ce colossal silence Qui fait la paix, le calme et la beauté des nuits!
Et ces sphères de flamme et d'or, toujours plus loin, Toujours plus haut, de g-ouffreen gouffre et d'ombre en ombre, Si haut, si loin, que tout calcul défaille et sombre S'il veut saisir leurs nombres fous, entre ses poing-s I
L'infini tout entier transparaît sous les voiles Que lui tissent les doigts des hivers radieux Et la forêt obscure et profonde des cieux Laisse tomber vers nous son feuillage d'étoiles.
LES lyiÂ&ES
— De quels vieux orients et de myrrhe et d'encens, Avec, entre vos mains, quels dons et quels présents, Avec, en votre cœiir, quels chants et quels hommages, Dites, arrivez-vous vers nous,
Les bons rois mag-es ?
Une étoile qui vient d'au delà du désert. Sur l'unique chemin par son rayon couvert, Jusques à Bethléem ,allong"e vos trois ombres. Partout ailleurs, la nuit est sombre ; Les chaînes du Liban ne se voient pas ; Seule, l'étoile est un flambeau qui bouge ; Et Ton n'entend que le bruit de vos pas Qui font craquer le sable rouge.
/j8 LA. MULTIPLE SPLENDEUR
— Nous arrivons du fond des temps,
Vers l'avenir trouble et flottant,
D'où rien ne transparaît encore
Si ce n'est, douce comme l'aurore,
La lueur d'un front d'enfant.
Il nous est apparu d'abord en rêve
Et nous avons erré par le steppe et la grève ;
Mais aujourd'hui, c'est bien là-bas.
Au bout du long' chemin où se suivent nos pas,
"Qu'il s'éclaire, ceint d'auréoles.
Une étable l'abrite, un rayon droit
Tombe du ciel et traverse le toit
Et le silence est plein de divines paroles.
— Approchez-vous, les bons mag-es, très doucement:
Voici sa mère, elle prépare les lang-es ;
Voici l'âne et le bœuf; voici les ang'es
Qui chanteront sa gloire autour du firmament.
Approchez-vous encor, approchez tous les trois ;
Prenez en mains ses deux petits pieds froids
Et baisez-les : ils vont sauver le monde.