POLICE DES INCENDIES
établir un nouveau règlement ; il se fait pour cela délivrer une copie du mémoire de Nicolin (1K Après un certain nombre de discussions et de retards, le texte de ce règlement est approuvé par la communauté en 1783 et par l'intendant en 1784. On décide de le l'aire imprimer W. Il institue pour chacune des six pompes acquises en 1782 une escouade de seize hommes, ouvriers du bâtiment, choisis par le fontainier et acceptés par la communauté. Les clefs des locaux où sont remisées les pompes sont aux mains des chefs d'escouade, du fontainier et de quatre officiers municipaux. En cas d'incendie, l'escouade arrivée la première sur le lieu du sinistre recevra une gratification de 30 sols pour chaque homme et de 3 livres pour le chef. La manœuvre des pompes sera dirigée par l'ingénieur des ponts et chaussées, ou, en son absence, par le fontainier. La police obligera tous les citoyens à donner aux pompiers les secours nécessaires.
En récompense de leurs services, les pompiers sont exemptés de toute corvée de ville et leur capitation est modérée. Ils doivent manœuvrer leur pompe tous les deux mois en présence d'un officier municipal ou de l'ingénieur; ceux qui seront absents de la manœuvre sans excuse préalable feront vingt-quatre heures de prison. Par contre, l'escouade qui aura le mieux manœuvré pendant l'année aura une gratification, et le fontainier, qui se chargera de faire entretenir soigneusement tout le matériel' d'incendie, recevra 150 livres'3).
L'armée et la marine coopèrent le plus souvent avec la communauté pour lutter contre les incendies, et celle-ci vote pour les soldats et marins des gratifications. Cependant, vers 1784, les civils et les militaires tendent à préciser leurs attri-
(1) C'est cette copie de 1777 qui a été conservée dans les papiers du fonds Langeron.
(2) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 167, 172, et BB. 25, fol. 2, 3.
(3) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 16, et DD. 3, no 19. L'article 14 du règlement décrivait l'uniforme que l'on voulait donner aux pompiers : subreveste de toile blanche, avec parements et col de drap noir, bonnet de drap bieu retroussé de drap noir portant le numéro de la pompe. Les pompiers trouvent qu'un casque vaudrait bien mieux que tout cela, et on supprime l'article 14.
butions respectives. Un nouveau règlement concernant les incendies dans l'arsenal interdit aux habitants de pénétrer ou de naviguer dans le port sous prétexte de prêter leur concours à la marine, et en même temps fixe les conditions dans lesquelles les pompes de l'arsenal en sortiront pour aller au feu en ville W. En 1789, à la suite de quelque malentendu avec la communauté, le commandant de place Moynier et le comte d'Hector, commandant de la marine, déclarent qu'ils ne secourront plus la ville en cas d'incendie &h On leur demande de continuer leurs secours jusqu'à ce qu'un nouveau règlement soit élaboré, en faisant remarquer que la communauté a donné pour le dernier incendie 1.200 livres de gratification aux marins et soldats <3), mais la Révolution vint accentuer les dissentiments entre l'élément civil et les deux commandants, et empêcha pour longtemps toute conciliation.
Nous avons vu, dans le règlement de 1754, un certain nombre de mesures ayant pour but de conserver la santé des habitants. Mais en général c'est à la communauté qu'il appartient de s'occuper de la police sanitaire, car le maire s'inlitule juge royal de santé. C'est lui qui fait appliquer les ordonnances royales concernant les épidémies*4), particulièrement lorsque, par une lettre de l'intendant, il apprend qu'une maladie contagieuse pourrait être apportée à Brest par mer.
En 1751, après une longue quiétude, la communauté est avisée que la peste est au Levant, en Barbarie, au Maroc. Aussitôt elle se concerte avec le subdélégué et l'intendant
(1) Fonds Langeron, carton II. Règlement du comte d'Hector, approuvé par le maréchal de Castries.
(2) Arch. du Finistère, B. 23.83, fol. 114. — Le commandant Moynier écrit : « Comme les bourgeois de cette ville ont pris l'habitude de ne donner aucun secours et de rester spectateurs oisifs pendant les incendies, sous prétexte que les soldats les maltraitent, il est important qu'ils contractent une nouvelle habitude, et vous donnerez à cet égard tels ordres que vous jugerez à propos. » (Lettre du 25 février 1780).
(3) Arch. mun. de Brest, BB. 26, fol. 24.
(4) Arch. mun. de Brest, GG. 486, n° 57.