‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 103 sur 120 · POLICE DU THEATRE · texte numérisé non relu

POLICE DU THEATRE

avec les noms des acteurs, sans pouvoir ensuite y rien changer. Les pièces qui n'avaient pas été jouées à Paris étaient examinées par le procureur du roi et ne pouvaient être représentées sans la permission du siège de police. Le directeur remettait, avant la première représentation, une liste des membres de sa troupe avec leurs adresses ; enfin, il devait avoir un registre chiffré et millésimé par la police pour enregistrer les abonnements.

Les membres de la troupe devaient vivre en bonne intelligence, sans s'injurier ni se maltraiter (12 1. d'amende). Ceux qui troublaient le directeur ou le régisseur dans l'exercice de leurs fonctions étaient passibles de la même peine. Chaque dimanche ils devaient se réunir pour dresser le répertoire (amendes de 30 sols aux retardataires, de 3 livres aux absents; mêmes amendes lors des répétitions) W. II leur était défendu d'y parler d'autre chose que du service. Tout le petit personnel des tailleurs, machinistes, etc., devait se soumettre aux ordres du directeur, qui pouvait appeler la police à son aide. Le directeur et le maître de musique étaient, chacun vis-à-vis de son personnel, responsables de l'exécution de ce règlement <2).

L'année suivante on réglemente les processions :" les habitants du rez-de-chaussée doivent tendre de draps blancs la façade de chaque maison, et ne peuvent commencer à les détendre qu'une demi-heure après la lin du défilé ; ils doivent nettoyer les rues dès la veille ; les cafés demeurent fermés pendant la cérémonie ; pour éviter les accidents, il est défendu de tirer des salves de coups de fusil par les fenêtres, dans les cours, jardins, rues, etc. '3K

En dehors de ces règlements, le siège de police prend assez souvent des mesures dictées par les circonstances, ou en rappelle d'anciennes. Citons par exemple, après une chute et

(1) Toutes les amendes étaient consacrées au payement de la garde.

(2) Arch. mun. de Brest, FF. 29.

(3) Arch. du Finistère, B. 2377, fol. 47.

une fracture de jambe, Tordre d'enlever les marches et les bancs saillant sur la rue, et de ne faire commencer les escaliers qu'au ras de la façade des maisons'1); la défense de demander aux officiers, pour leur logement, un prix plus élevé que la somme à eux allouée par les Etats, à condition que ces officiers payent régulièrement tous les mois et ne demandent pas un logement meilleur que celui prévu par les ordonnances f2> ; la défense de vendre plus cher aux soldats qu'aux civils ^ ; la défense faite aux fripiers d'acheter des effets d'uniforme aux soldats sans la permission écrite des officiers W ; la défense faite aux bourgeois de porter des manteaux bleus galonnés qui les font prendre pour des officiers f5> ; la défense de laisser vaguer les chiens, particulièrement les chiens mâtins : ceux qu'on trouvera seront assommés par les sergents de police, sans égard pour qui que ce soit W.

C'est encore le siège de police qui donne aux personnes nouvellement arrivées à Brest la permission d'y exercer leur industrie : permission de vendre des remèdes, arracher les dents et décrasser les habits W ; de faire danser des chiens W ; de montrer une horloge mécanique représentant la Passion '9); de mettre différents objets en loterie'10). Le siège de police donne également aux professeurs le droit d'enseigner : l'un enseignera l'histoire, la géographie, les mathématiques et le change des monnaies f11) ; un autre l'arithmétique <12) ; un autre

(1) Arch. du Finistère, B. 2375, fol. 16.

(2) Arch. du Finistère, B. 2379, fol. 20.

(3) Arch. du Finistère, B. 2381, fol. 29.

(4) Arch. du Finistère, B. 2381, fol. 41.

(5) Arch. du Finistère, B. 2382. fol. 3. Confiscation de l'habit. En cas de récidive, deux mois de prison.

(6) Arch. du Finistère, B. 2380, fol. 93.

(7) Arch. du Finistère, B. 2381, fol. 147.

(8) Arch. du Finistère, B. 2382, fol. 124.

(9) Arch. du Finistère, B. 2382, fol. 133.

(10) Arch. du Finistère, B. 2423.

(11) Arch. du Finistère, B. 2381, fol. 147.

(12) Arch. du Finistère, B. 2382, fol. 36.

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