Tableau : Officiers municipaux élus en
Nous connaissons maintenant l'organisation de la municipalité de Brest, et nous avons étudié les luttes qu'elle eut à soutenir, dans la ville même, contre les juges royaux, le principal corps constitué, formé comme elle de riches bourgeois, et, par cela même, tout naturellement disposé à lui disputer la première place dans la cité.
Jusqu'ici nous avons vu la municipalité s'agiter dans un cadre restreint, et presque toujours pour la défense quelque peu égoïste de ses intérêts ou de ses prérogatives ; nous
croyons utile de la montrer s'éveillant peu à peu à la vie provinciale, puis à la vie nationale. C'est ce que nous nous proposons de faire en étudiant d'abord les relations de la communauté avec les deux organismes provinciaux : le Parlement et les Etats de Bretagne, puis en examinant quelle répercussion eurent sur cette communauté les grands événements nationaux qui marquent la convocation des Etats généraux de 1789 et le début de la Révolution. Nous aurons ainsi un tableau de la vie politique de la communauté de Brest jusqu'à sa disparition, qui eut lieu le 21 mars 1790.
Nous avons appris, au cours de notre étude sur les luttes entre la communauté et les juges royaux, que souvent les membres du corps municipal faisaient appel à l'esprit d'équité du Parlement de Bretagne. Ils trouvaient dans les juges de cette Cour souveraine, nous l'avons vu à propos de l'affaire Bergevin, des défenseurs de leurs droits. Aussi voyons-nous sans étonnement la communauté de Brest s'associer à la joie générale qui accueille la rentrée du Parlement en 1769. Antérieurement à cette date, nous la trouvons déjà soucieuse de s'assurer les bonnes grâces des parlementaires : le 26 août 1767, elle félicite Le Prestre de Châteaugiron qui vient d'être nommé vice-procureur général au Parlement (*). Quelques semaines plus tard, le 26 septembre, elle envoie le maire Raby et trois autres officiers municipaux à Quimper pour y saluer MM. Le Prestre de Châteaugiron et de Ville-Blanche (ce dernier conseiller au Parlement), qui leur promettent de venir le lendemain dîner avec la communauté, à l'hôtel de ville <2). Mais, en 1769, nous voyons se manifester bien plus vivement la sympathie de la communauté pour le Parlement. Elle vient d'apprendre sa rentrée (*î. « La joie que toute la province ressent en cette heureuse nouvelle est trop juste pour que la communauté ne lui témoigne en particulier la sienne. » Comme le temps manque,
(1) Arch. mim. de Brest BB. 21,. fol. 148.
(2) Arch. mun. de Brest, BB. 21, fol. 150.
(3) Cf. Le Moy, Le Parlement de Bretagne et le pouvoir royal au XVIIIe siècle, p. 393.