‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 58 sur 120 · ACQUISITION D'OFFICES · texte numérisé non relu

ACQUISITION D'OFFICES

de rues, construction cle monuments publics, adduction d'eau, cependant bien nécessaires dans une ville qui s'accroît assez rapidement. A peine peut-on consacrer une part des revenus aux travaux d'entretien les plus urgents. C'est ce qu'un rapide coup d'œil sur les délibérations de la communauté suffît à montrer. Aussi verrons-nous sans étonnement la plupart des grands travaux ne commencer qu'après 1750, lorsque les offices les plus coûteux sont remboursés.

Indépendamment de ces sommes, versées une seule fois (sauf la rente de 2.400 livres), le fisc royal prélève encore une partie du revenu annuel de la ville. Celle-ci doit payer en effet au trésorier général des Etats de Bretagne sa part de l'abonnement au vingtième et deux sols pour livre du dixième. C'est une dépense annuelle de 3.091 livres jusqu'en 1778, et qui varie ensuite de 2.621 livres à 3.396 livres. D'autre part, en s'agrandissant, Brest a occupé une partie des terrains sujets au fouage sur les territoires de Saint-Pierre-Quilbignon et de Lambézellec. Il lui faut payer à titre de compensation une somme annuelle de 509 livres (388 livres pour Saint- Pierre, et 121 livres pour Lambézellec). Il faut encore payer au domaine 20 livres par an pour les droits de rachat sur rhôtel de ville acquis par la communauté en 1757.

Les offices de miseur et de contrôleur n'étant pas réunis à la communauté, il faut payer à leurs titulaires des taxations et droits de recettes s'élevant au total à 2 sols pour livre (16 deniers au miseur, 8 deniers au contrôleur.) C'est le dixième de la recette qui disparaît ainsi, c'est-à-dire une somme variant de 3.275 livres à 13.526 livres, et se tenant généralement aux environs de 6.000 livres.

Les frais de vérification des comptes par la Chambre de Nantes et par les Etats constituent une dépense annuelle de 920 livres environ, (confection de l'état au vrai en double, 90 livres ; procureur, 85 livres ; épices du jugement, 271 livres ; 3 sols pour livre des épices, 41 livres ; droit de sceau, 43 livres ; arrêt et apostilles sur le double du compte, 6 livres ; voyages du comptable à Nantes, 240 livres, et aux Etats, 144 livres.)

Pour toucher ses rentes (sur le fonds des lanternes et autres) la ville doit débourser des droits et frais de quittance et prêt d'argent (de 15 à 30 livres), naturellement aussi irréguliers que la rentrée de ces revenus.

Ce n'est pas tout ; la ville est obligée par l'Etat de subvenir en partie à ses dépenses, particulièrement à celles qui incombent au budget de la guerre W. Elle paye pour le logement du commandant, depuis 1684, une somme annuelle de 400 livres; pour celui du commissaire des guerres, 200 livres depuis 1742 W ; de 1760 à 1781, le capitaine des portes reçoit 200 livres par an ; de 1777 à 1783 on donne chaque année 300 livres à l'aide-major.

Pour l'entretien des ponts, portes, pavés, quais, cales et murailles, la communauté verse chaque année, depuis 1684, une somme de 1.200 livres à l'ingénieur de la place. C'est une dépense absolument improductive, un supplément de traitement versé sans raison à ce fonctionnaire royal, puisque la ville fait faire les réparations dont il s'agit à ses frais et sur procès-verbal de l'ingénieur des ponts-et-chaussées approuvé de l'intendant.

La plus grosse dépense relative à la guerre est affectée à l'entretien des corps de garde : loyer, fourniture de bois et chandelle, frais de revue de la milice garde-côte de Saint- Renan. L'état dressé en 1776 estime la dépense annuelle à environ 2.800 livres. Cette dépense est d'ailleurs très variable (3). Cela tient à des causes très diverses ; en particulier il arrive assez souvent que les autorités militaires imposent à la ville l'entretien de corps de garde supplémentaires. Elle doit en construire de nouveaux, pour éviter de payer trop de loyers, ou par ordre du commandant, En 1769, elle eut ainsi à payer 2.000 livres pour établir un nouveau corps de garde

(1) Arch. mun. de Brest, OC. 127. Etat des dépenses relatives à la guerre qui se prennent sur les fonds patrimoniaux de la ville de Brest (janvier 177G).

(2) En 1782, il y a en plus un second commissaire des» guerres et un second aide-major, ce qui augmente la dépense de 400 livres.

(3) Voir le graphique à la fin du chapitre.

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