‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 59 sur 120 · DÉPENSES DE GUERRE · texte numérisé non relu

DÉPENSES DE GUERRE

sur 4e quai de Recouvrance ;i), et en 1777, bien qu'elle eùi résisté depuis 1773, il lui fallut verser la grosse somme de 14.000 livres pour celui du Champ-de-Bataille <2). De plus, elle reste parfois deux années sans rien payer à l'adjudicataire qui fournit le bois et la chandelle nécessaires, et il lui faut en une seule fois solder l'arriéré W.

Aux dépenses relatives à la guerre s'en ajoutent de nombreuses autres tout aussi improductives. La communauté donne par an 75 livres au directeur des postes, pour le port des lettres et paquets à elle adressés par le gouverneur de la province, le commandant, l'intendant et le premier président. Elle versait une indemnité de logement de 300 livres par an au maître de poste ; en 1762 cette indemnité disparaît parce que la communauté a fait bâtir une maison et des écuries pour la poste ; à partir de 1771 elle recommence à verser au maître de poste une gratification de 200 livres par an W, Elle contribue pour 100 livres par an aux gages des juges présidiaux de Quimper. De même que les 1.200 livres destinées par l'arrêt de 1684 à l'entretien des quais, cales, etc.. ont été détournées de leur destination et. constituent une gratification annuelle qu'empoche l'ingénieur de la place, de même, d'autres dépenses prévues par le même arrêt ont été transformées en rentes au profit de personnages qui ne rendent aucun service à la ville &). L'imprimeur de la communauté reçoit ainsi 100 livres par an, ce qui ne l'empêche pas de présenter environ tous les deux ans un mémoire de 200 à 300 livres, qui atteint, en 1776, 441 livres, en 1778, 550 livres, en 1782,

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 22, fol. 3, 8 et 27.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 22 et 23 passim. Cette question est étudiée plus loin, avec le rôle de la communauté dans la répartition des charges militaires entre les habitants.

(3) Dès le début de notre étude des budgets, la communauté nous semble ainsi incapable de faire en matière de finance un effort continu. C'est ce que la suite confirmera.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 22, fol. 80. 21 décembre 1770.

(5) La communauté qui en 1786 voudrait se soustraire à ces onéreuses obligations en adresse une liste à l'intendant, liste sur laquelle elle a consigné les observations que nous reproduisons- (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 3932).

1.062 livres, et en 1783, 916 livres. Une somme de 50 livres devrait servir à l'entretien des casaques des archers ; c'est, dit la communauté, une rente qu'on fait à un tailleur protégé W.

La communauté verse annuellement 100 livres à un prêtre qui porte le titre d'aumônier ou régent. Mais cela ne la dispense pas de payer pour toutes les cérémonies qu'elle fait célébrer à l'église. Aussi demande-t-elle en 1786 la suppression de cette dépense, en même temps que celle de 95 livres que lui coûtent par an les fêtes solennelles, comme par exemple la messe du 1er janvier. (On dira tout de même la messe si nous ne payons pas, dit l'auteur de la réclamation.) Même demande en ce qui concerne les 600 livres payées aux prédicateur de l'Avent et du Carême : elles sont une aumône déguisée au profit des Carmes. La communauté, enfin, donne 20 livres par an à chacun des deux procureurs qui s'occupent de ses affaires, l'un devant la Chambre des Comptes, l'autre devant le Parlement. Comme elle leur paye en outre toutes leurs vacations, c'est encore une subvention gratuite.

Ainsi, avant de songer à faire la moindre dépense utile, la communauté devait distraire de ses revenus une somme considérable et parfaitement improductive (D. Nous avons calculé qu'en moyenne ce prélèvement pouvait être évalué à environ 18.700 livres par an, sur un total de dépenses variant

(1) Cela n'empêche pas de faire de lemps à autre, pour l'entretien de ces casaques, ou leur renouvellement, d'assez fortes dépenses dont le total atteint environ 28.000 livres pour les 32 budgets que nous avons étudiés; en moyenne environ 725 livres par an.

(2) La communauté se plaint en 1786 de voir ainsi ses revenus détournés de leur destination, en même lemps que ses charges ordinaires augmentent. Elle s'associe à la commission intermédiaire qui demande, le 9 juin 178G, que le produit des octrois soit assigné exclusivement aux dépenses intéressant l'utilité commune des habitants (Arch. d'I Ile-et-Vilaine, C. 3932).

Elle obtient une légère satisfaction car à partir de ce moment l'intendant fait disparaître de ses budgets : les 1.200 livres payées à l'ingénieur de la place, les 100 livres de l'imprimeur, les 50 livres du tailleur, les 100 livres de l'aumônier, les 20 livres de chacun des procureurs à Nantes et à Rennes. Le capitaine des portes avait cessé de recevoir 200 livres en 1781, et l'aide-major 300 livres en 1783 (Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 138).

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