‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 60 sur 120 · GRATIFICATIONS · texte numérisé non relu

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de 30.000 à 100.000 livres environ ; (moyenne des dépenses annuelles, 61.000 livres, correspondant à une perte moyenne de 31 pour cent.)

Sur ce qui reste, la communauté doit prélever une somme à peu près invariable pour le payement de ses fonctionnaires.

Le premier d'entre eux est le maire, qui reçoit une somme annuelle de 300 livres, à laquelle s'ajoutent 75 livres par an pour le remboursement de ses frais d'installation et 50 livres par an pour la fourniture du bois, du papier, des plumes et de l'encre employés lors des séances de la communauté (î). Ces allocations restent sans changement jusqu'à la Révolution. Nous avons vu que le maire est toujours député de Brest aux Etats. Il est juste de lui donner une subvention qui lui permette de représenter dignement ses concitoyens. Aussi lui accorde-t-on à chaque tenue une indemnité de 350 livres, qui est doublée lorsque la tenue dépasse la durée ordinaire de trois mois. Nous remarquons que ce doublement se produit environ pour une tenue sur deux, et môme que lés Etats de 1764 et de 1766 nécessitent un doublement et demi. De plus, la communauté paye à chaque tenue 11 livres au courrier qui lui apporte la lettre de convocation aux Etats.

Le maire solde souvent, pour le compte de la communauté, de menues dépenses dont il demande ensuite le remboursement, soit chaque année, soit en sortant de charge, et sans présenter de pièces justificatives, ou en remettant tout au plus un mémoire de ces avances. De cette façon sont payés les frais de correspondance par exemple, et les petites réparations qui n'ont pas donné lieu à une adjudication. Le total de ces avances est très variable : 264 livres en 1759 ; 7.273 livres en 1778. C'est une dépense annuelle moyenne d'environ 1.000 livres qui échappe à peu près à tout contrôle.

Au cours de la période que nous étudions, deux maires qui se sont particulièrement distingués ont reçu chacun une

(1) Cf. Dupuy, art. cit., p. 115.

récompense extraordinaire. Le premier, Préville-Martret, qui s'était dévoué, pendant l'épidémie de 1758, se vit accorder par arrêt du Conseil d'Etat en date du 13 avril 1758 une pension viagère de 600 livres (*). Le second, Le Normand, qui avait accepté de continuer ses fonctions pendant encore trois ans après leur expiration, fut comblé d'honneurs en 1776. Le procureur syndic, après avoir exposé que la mairie était une charge fort onéreuse <2) dont personne ne voulait, vanta les mérites de Le Normand et proposa de lui accorder une indemnité et de lui remettre une épée. La communauté accepta et fixa l'indemnité à 3.000 livres <3). L'intendant approuva l'achat de l'épée qui coûta 657 1. 15 s., et réduisit l'indemnité à 1.800 livres W. Enfin, pendant la guerre d'Amérique, le premier échevin Le Guen ayant dû fréquemment aider le maire et même le remplacer, la communauté lui alloua en récompense, en 1781, une somme de 1.200 livres <5).

Après le maire, le fonctionnaire municipal le plus important est le greffier. Il reçoit 250 livres par an. C'est peu, surtout en temps de guerre, où le logement des troupes lui donne un surcroît de besogne. Aussi la communauté ajoute-t-elle de temps en temps à ses gages une gratification : 200 livres en 1760, 150 livres en 1766, 150 livres en 1771, 600 livres en 1779 W. Vers cette époque il lui faut prendre à ses frais un commis ; cela motive une augmentation de ses gages qui sont portés,

(1) Cf. Dupuy, art. cit., p. 115; Arch. mun. de Brest, BB. 19, fol. 141, et Arch. d'Ille-et-Vilaine. C. 572.

(2) Les maires se ruinaient; souvent leurs héritiers renonçaient à leur succession ou ne l'acceptaient que sous bénéfice d'inventaire. Par exemple nous lisons au compte du miseur pour 1771 que le fils du maire Préville- Martret ayant renoncé à la succession, c'est sa fille qui touche le reliquat de sa pension de MO livres.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 23, fol. 127.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 23. fol. 134. La communauté désire que cette épée soit « la plus propre et la mieux conditionnée possible, sur laquelle M. le Maire sera prié de permettre que son chiffre soit mis en opposition aux armes de la ville ». Voir également Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 573.

(5) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 74.

(G) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 81; BB. 22, fol. 127; BB. 23. fol. 134; BB. 24, fol. 21. .

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