SERGENTS DE POLICE
servi dans la marine ; mais celui-ci demande 50 livres par an, un habit neuf tous les deux ou trois ans, un logement et le droit exclusif de faire les bannies pour les particuliers.
Le maire expose tout cela à la communauté, le 23 mars 1758, et ajoute que Ton a besoin de neuf autres tambours pour les compagnies de la milice bourgeoise, ainsi que cela se pratique dans les autres villes de la province, car « les capitaines sont obligés d'emprunter des tambours soit de la marine ou des troupes de terre, ce qui ne laisse pas de leur coûter. » La communauté se range à son avis, et accorde 120 livres par an à La Tulipe qui sera tambour-major, et 24 livres à chacun des neuf autres d). Mais il faut encore patienter un an avant de voir aboutir ce projet, et pendant ce temps les exigences de La Tulipe grandissent tellement que le 4 avril 1759 la communauté se voit obligée de lui voter un traitement annuel de 200 livres, à condition qu'il enseignera aux autres tambours, sans rétribution, à battre de la caisse, et fera gratuitement les publications de la communauté et de la police. Il sera dispensé du logement des gens de guerre et recevra, pour les bannies des particuliers, 20 sols quand il les fera dans toute la ville, et 10 sols pour un côté seulement ^). A partir de ce moment, la communauté paya sans changement jusqu'à la Révolution 416 livres par an à ses tambours. Lors des grandes cérémonies elle emploie en outre trois hérauts qui sont payés chacun 30 livres par an.
Il faut fournir tous ces serviteurs d'uniformes, et nous avons vu que les 50 livres payées par la ville depuis 1684 pour l'entretien des casaques ont été détournées de leur destination. Elles seraient d'ailleurs loin de suffire, car les officiers municipaux ont à cœur de bien vêtir leurs employés, et surtout de leur donner un « grand uniforme » resplendissant. L'éclat en rejaillit sur la communauté, lorsque, maire en tête, elle défile aux jours de procession, précédée de ses hérauts, encadrée de ses archers et sergents. Nous voyons donc très souvent, environ tous les deux ans, la communauté renouveler les
(2) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 3.
habits de ces braves gens. Gela lui coûte en moyenne 1.450 livres à chaque renouvellement, et la dépense s'élève jusqu'à 3.131 livres en 1783 li). En 1784, on remet au tambourmajor une canne qui coûte 198 1. 14 s. <2). En 1788, il y a six ans que, faute de ressources, on n'a pas renouvelé de vêtements, et les petits uniformes qui servent tous les jours sont bien détériorés. La communauté décide que les grands uniformes « qui n'ont servi qu'aux solennités et occasions d'éclat » serviront tous les jours, que les quatre archers de ville, les quatre sergents de police et le tambour-major auront un grand uniforme neuf complet, « avec chapeau, bandoulière et armure », et que les huit autres tambours recevront chacun un petit uniforme^. L'intendant refuse d'approuver une telle dépense, puis, sur une nouvelle demande, il permet seulement d'acheter de petits uniformes « en bon drap de Lodève blanc M ». La note à payer s'élève à 1.005 livres'5).
Comptons encore au nombre des petits employés municipaux le concierge (20 livres par an) et le jardinier de l'hôtel de ville (180 livres par an).
Pour diriger les travaux publics, la ville emploie un fontainier, dont nous reparlerons à propos du service des eaux, et qu'elle paye 660 livres par an de 1750 à 1762, et un ingénieur. Celui-ci établit les devis des travaux et en vérifie l'exécution. Jusqu'en 1778 il est payé à raison de 6 livres par jour de travail, ce qui lui procure de 310 livres (1758) à 2.934 livres (en 1777, pour plus d'un an), et en moyenne 440 livres par an. A partir de 1778 la communauté lui accorda une somme fixe de 900 livres par an, à laquelle s'ajoutèrent des gratifi-
(1) Pour dix petits et dix grands uniformes.
(2) Arch. mun. de Brest, BB. £5, fol. 81.
(4) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 169 et 179.
(5) Arch. mun. de Brest, BB. 30, n° 4. Correspondance. Déjà l'intendant avait remarqué ces dépenses excessives en vêtements. Le 4 mars 1780, en approuvant un crédit de 329 livres pour habiller le tambour-major, il disait trouver cette dépense trop considérable, et conseillait de ménager un vêtement aussi coûteux pour ne le renouveler que fort rarement.