PETITS EMPLOYÉS
cations lorsque les travaux étaient particulièrement importants : 600 livres en 1780, 1784 (travaux pour les eaux), 1786, 1787, et 300 livres en 1788.
Nous avons déjà dit que la communauté versait par an, pour les fêtes solennelles, 95 livres, dont une partie revenait aux fabriques, et qu'elle donnait 600 livres par an aux Carmes prédicateurs et 100 livres à son aumônier. Ajoutons à ces dépenses une pension de 400 livres servie de 1764 à 1773, année de sa mort, à l'ancien curé de Saint-Louis, le recteur Perrot. La communauté, louant son zèle durant trente années de fonctions, et particulièrement pendant l'épidémie de 1758, fut pénétrée de reconnaissance lorsqu'elle apprit qu'il venait de refuser un bénéfice que lui offraient lé duc et la duchesse de Lorge. Elle trouva juste de le récompenser de la préférence qu'il donnait à Brest, au préjudice de son intérêt personnel, et lui accorda la pension en question W.
Les sonneurs de cloches, qui se chargent d'annoncer le couvre-feu et les incendies, émargent aussi au budget municipal à partir de 1779. Celui de Recouvrance reçoit 150 livres par an pendant quatre ans, et celui de Brest 150 livres, jusqu'en 1789.
Nous étudierons en même temps que les autres travaux publics les constructions et réparations d'églises, auxquelles la communauté contribua pour une part assez élevée.
Sous l'ancien régime, l'école touche de si près à l'Eglise que nous trouvons naturel d'étudier ici rapidement quelles sommes la communauté consacrait à l'instruction publique. Elle se désintéressait à peu près complètement de l'enseignement secondaire, mais on peut compter au nombre des fonctionnaires municipaux les frères des écoles chrétiennes (frères de Saint-Yon), chargés de donner renseignement primaire aux enfants de Brest et de Recouvrance. Grâce aux libérales dispositions testamentaires d'un officier de marine, de Hennot,
(1) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 135 et 136, et GG. 472, n° 30.
mort en 1740, et aux diligences de la communauté, une école dirigée par ces frères s'était ouverte à Brest en 1746, et une seconde à Recouvrance en 1749 W. Au moment où commence notre étude financière, les frères, au nombre de quatre, recevaient chacun 200 livres de gages ; les deux affectés à l'école de Recouvrance recevaient en outre un supplément de 36 livres pour payer leur passage, car ils habitaient du côté de Brest W; à cette dépense s'ajoutaient 30 livres pour l'achat des prix à distribuer aux élèves, et 150 livres (130 seulement de 1757 à 1759), pour le loyer de l'école de Recouvrance. Le budget de l'instruction publique s'élevait donc à 1.016 livres. Il resta sans changement jusqu'en 1775. En 1776, il fut porté à 1.216 livres par l'octroi d'une gratification de 200 livres'3) renouvelée jusqu'en 1780. Le 5 mai 1781, la communauté, considérant qu'il est impossible aux frères de subsister avec leur pension, demande à l'intendant d'augmenter celle-ci de 300 livres, à cause de la cherté des vivres pendant la guerre, et d'allouer aux frères une somme de 1.000 livres pour payer leurs dettes <4).
L'intendant le permet, et les frères reçoivent ainsi en 1781 un supplément de 2.200 livres (5).
Il y eut ensuite quelques variations dans le budget de l'instruction publique par suite de la suppression pendant
(1) Nous ne referons pas ici l'histoire de ces écoles, esquissée par Levot, op. cit., t. III, p. 353, et par le Dr Berger, Monographie scolaire de 1740 à 1889, et écrite en détail par le Dr Corre, L'Instruction publique et les écoles à Brest avant 1789 (Bull, de la Soc. archéol. du Finistère, 1895, p. 449 à 484). Nous nous plaçons seulement au point de vue financier. Le contrat passé entre la ville et les frères ne contient que des clauses matérielles, rien ne se rapporte à renseignement, qui sera conforme aux statuts de l'ordre (Arch. mun. de Brest. GG. 482, n° 42).
(2) Pendant un certain temps les frères avaient traversé gratuitement le Penfeld clans le bateau de l'amiral, mais ils étaient « insultés et injuriés de la part des soldats et matelots, et môme des bateliers qui n'aiment à rendre aucun service gratuit à ceux qui ne sont point au service du roi ». C'est pourquoi ils demandèrent et obtinrent une subvention pour payer leur passage (Arch. mun. de Brest, GG. 482, n° 42).
(3) Arch. mun. de Brest, BB. 23, fol. 136, 25 janvier 1777.
(4) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 79.
(5) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 118.