‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 64 sur 120 · HÔPITAL · texte numérisé non relu

HÔPITAL

quelque temps de l'école de Recouvrance. Il fut définitivement fixé en 1786 à 2.289 livres M.

L'hôpital recevait aussi des secours de la communauté. Le plus important de ces secours consistait en la concession de l'enlèvement des boues et fumiers. Primitivement, à partir de 1684, un entrepreneur recevait pour ce service une rétribution annuelle, qui fut d'abord de 300 livres, et qui progressa sans cesse (2>. En 1698, l'intendant de Nointel donna l'ordre de verser cette subvention à l'hôpital qui serait chargé dorénavant du nettoyage des rues f3\ Citons, à titre d'exemple, l'adjudication du 11 mars 1751 : on adjuge à l'hôpital, pour une durée de trois ans, « l'enlèvement des boues, le nettoyement des rues, cloaques, douets et lieux communs de la ville. » L'adjudicataire devra être pourvu de quatre tombereaux bien étanches, attelés chacun de deux chevaux et munis d'une sonnette. Les tombereaux devront faire une tournée par jour pour enlever les immondices « que chacun déposera au droit de soi » ; les cabinets publics seront nettoyés tous les quinze jours. En échange l'hôpital recevra 1.800 livres uar an f4). Cette subvention s'élève (à 2.000 livres en 1759, à 2.400 livres en 1769, et disparaît en juillet 1774. A ce moment l'intendant, pensant avec raison que les immondices devraient être pour la ville une source de revenus et non une cause de dépenses, ordonne à la communauté de procéder à une adjudication au plus offrant. La communauté demande à renoncer

(1) Quatre frères à 500 livres chacun; 109 livres pour le passage à raison de six sols par jour; 30 livres pour les prix et 150 livres pour le loyer de l'école de Recouvrance.

(2) Arch. raun. de Brest, D. 3, fol. 76, 77.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 23, fol. 28. On dut pour commencer traiter de gré à gré car nous trouvons trace d'adjudication en faveur de l'hôpital en 1708 seulement pour la première fois (BB. 9, fol. 26).

A. Dupuy, art. cit., p. 120, indique que l'hôpital n'a été adjudicataire du nettoyage des rues que pendant quatre ans à partir de 1762. C'est une erreur, causée sans doute par ce fait que les quittances portent le nom de l'administrateur de l'hôpital sans indiquer sa qualité, comme cela se produit quelquefois dans les baux que nous avons consultés,

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 18, fol. 8r

à ce profit : l'hôpital est si pauvre et si lourdement chargé de malades, d'indigents et d'enfants trouvés, que ce serait un tort de lui enlever ainsi une part de ses revenus (û. On arrive à un arrangement provisoire : l'hôpital enlèvera les boues et fumiers, mais ne recevra plus de subvention (2). Gomme nous allons le voir, ce système lui laissait encore une source de gros revenus. En effet, en 1778, il est ordonné de nouveau par l'intendant de* mettre le service en adjudication. La communauté, cette fois, se dispose à obéir ; 3>st que les administrateurs de l'hôpital l'ont froissée en se prétendant propriétaires à perpétuité des boues et fumiers. Pour leur prouver que cette prétention est insoutenable, elle remettra le service au plus offrant et se contentera de donner une part du produit à l'hôpital. Le jour de l'adjudication, un des concurrents offre 10.000 livres par an f3). La communauté trouve cette somme insuffisante, procède à une seconde adjudication où l'enchère tombe à 7.000 livres, et demande alors à l'intendant de laisser les boues et fumiers aux hôpitaux, à titre gracieux, à condition que ceux-ci renonceront à leur prétendu droit de propriété H). L'intendant accepte^), mais, l'année suivante^ la communauté se fait Técho des plaintes de nombreux habitants qui trouvent le service fort mal fait. Elle demande la mise en adjudication, car, dit-elle, l'intérêt

(1) « La communauté supplie Mgr l'Intendani de recevoir de justes représentations fondées sur la modicité du revenu de lTiôpital, sur la quantité de pauvres et de malades qui portent à plus de six cents, et enfin sur celui de plus de trois cents bâtards qu'il entretient annuellement à la nourrice... Si jamais le privilège a dû avoir lieu, c'est suri. mi dans ce temps où la multiplicité des troupes de terre et de mer triple le nombre des bâtards et les dépenses inévitables qu'ils entraînent ». De plus l'hôpital se ressent encore de l'épidémie de 1758, de la cherté des vivres, et du retard apporté dans le payement des ouvriers du port, qui par suite ont besoin de secours (Arch. mun. de Brest, BB. 23, fol. 22, 5 juillet 1774).

(2) Arch. mun. de Brest. BB. 23, fol. 30.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 32, fol. 28 (Registre d'enregistrement des adjudications].

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 32, fol. 32. A défaut, la communauté demandait à mettre le service en régie.

(5) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 8 ; Arch. d'Ille-et- Vilaine, C. 633. Cf. Dupuy, Adm. mun. en Bretagne, t. II, p. 5.

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