‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 67 sur 120 · QUAIS ET CALES · texte numérisé non relu

QUAIS ET CALES

n'est qu'une fausse alerte ; pendant plusieurs années encore la communauté devra verser cette rente et payer les travaux qu'elle ordonnera. Mais, nous l'avons déjà dit, en 1786 elle demande la suppression de cette charge onéreuse. Juste à ce moment elle est en désaccord avec la marine au sujet des quais ; à plusieurs reprises l'intendant de la marine a prié la communauté de faire commencer des réparations nécessaires ; à chaque fois elle lui a répondu qu'elle s'occupait de la question. L'intendant de la marine s'impatiente et recourt au procureur du roi de l'amirauté. La municipalité répond à l'attaque par une délibération assez ferme : « Il n'est pas besoin d'employer envers elle ni l'autorité, ni les voies dispendieuses de la justice... Elle est persuadée que MM. les Commandant et Intendant de la marine emploieront désormais envers elle des procédés plus conformes aux égards qu'un corps de ville a droit d'attendre, et que sa conduite respectueuse semblait devoir lui mériter. » Et plus loin elle ajoute : « Elle ne peut être accusée de négligence puisqu'elle paye pour cet objet 1.200 livres par an à MM. du Génie fl>. » Elle se montre cependant conciliante et fait établir le devis des travaux à effectuer. Elle est même disposée à dépenser 9.800 livres pour rétablir la cale de l'Amiral, mais l'intendant de la province refuse d'approuver la dépense^). De son côté, l'intendant de la marine menace toujours d'intenter à la ville un procès devant l'amirauté W. Enfin, le 19 juin, l'intendant de la province permet de dépenser au plus les 1.200 livres prévues au budget annuel^. Peu de jours après, mieux informé, il autorise la réfection complète de cette cale, parce qu'elle est très utile aux habitants et aux troupes de terre, et non pas seulement à la marine. La communauté peut enfin mettre les travaux en adjudication ; ils lui coûtent 4.565 1. *). Ce petit conflit a du moins pour le budget municipal un

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 90 et 127.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 132.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 134.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 135.

(5) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 139 et 143.

résultat immédiat : les 1.200 livres dépensées autrefois sans profit ne sont plus payées au génie ; à partir de l'exercice 1787, ils sont employés à des travaux utiles et ceux-ci sont vérifiés et toisés avant le payement i±).

En dépouillant les budgets de la ville, nous n'avons pas toujours pu démêler des autres dépenses affectées aux travaux publics celles qu'exigeait l'entretien des cales et quais. Cependant nous avons pu relever quelques chiffres : on dépense, entre autres, 2.314 livres en 1768 ; 7.760 livres en 1770 ; 1.000 livres en 1775 ; 5.538 livres en 1776 ; 2.155 livres en 1777. Ces quelques exemples suffisent à montrer que la charge était parfois relativement lourde.

Les travaux concernant les aqueducs (égoûts) et les cloaques avaient été complètement suspendus à partir de 1740. Nous les voyons reprendre en 1763 seulement. On peut facilement s'imaginer dans quel état de saleté devait être la ville, qui n'avait guère d'autre égoût que la Penfeld. Aussi, en 1763, commence-t-on à se préoccuper de construire un égoût dans la Grand'Rue "2). On parie aussi de temps en temps de réparer les cloaques existant sur les quais et dans le quartier Keravel*3). On décide môme en 1764 d'en établir un nouveau. L« port de Brest est le plus beau et considérable de la France, dit la communauté ; le moyen de le conserver tel est sans doute d'empêcher qu'on y vide comme ou le fait continuellement des latrines, et qu'on y jette des ordures et immondices des deux côtés de là ville. » C'est pourquoi l'on choisira un terrain, dans un endroit inhabité, pour y creuser un cloaque où chacun sera obligé, sous peine d'amende, de porter ses immondices (4).

Les particuliers offrent en cette matière une aide intéressée à la communauté. En 1776, par exemple, le sieur Le Gléau

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 26, fol. 52.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 146.

(3) Arch. mun. de Bresf, BB. 21, fol. 32.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 21, fol. 33, et DD. 5.

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