‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 72 sur 120 · FÊTES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

FÊTES PUBLIQUES

plus fortes dépenses correspondent aux grands procès dont nous avons fait l'histoire ; par exemple l'affaire Labous coûte à la communauté 1.200 livres en 1773 ; les procès avec l'amirauté coûtent 1.424 livres en 1779, et l'année précédente la lutte contre les Bergevin avait fait payer par la communauté 600 livres à l'avocat Goulleau, de Paris, et 2.400 livres à l'ancien maire Jourdain pour ses voyages. Le premier secrétaire Jausion, de l'intendance de Rennes, reçoit 600 livres en 1780 et autant en 1781 pour avoir rédigé des requêtes au nom de la communauté, au moment des affaires d'octrois W.

Dans ces frais de procédure nous ne faisons pas entrer les nombreuses dépenses qu'occasionne le renouvellement des lettres d'octroi ; nous avons déjà noté que la dépense de ce chef s'éleva en 1781 à 10.117 livres.

Régulièrement nous trouvons un crédit de 30 livres par an pour payer le feu de la Saint- Jean. Mais à cette fête s'ajoutent de nombreuses cérémonies plus coûteuses. La communauté de Brest a été accusée d'avoir trop dépensé en fêtes solennelles, d'avoir trop aimé la pompe f2>. Certes les cérémonies publiques se déroulaient alors avec magnificence, mais nous devons dire à la décharge de la communauté qu'elle se conformait au goût du temps et surtout que la presque totalité de ces fêtes lui étaient ordonnées par le gouverneur, duc de Penthièvre, sur l'invitation du roi.

Seules les fêtes célébrées en l'honneur des différentes rentrées du Parlement, et que nous avons déjà décrites, furent spontanées. Toutes les autres (fêtes en l'honneur d'une victoire, de la publication de la paix, d'un événement heureux dans la famille royale), toutes ont été célébrées par ordre. Et si la communauté a fait quelques folies en l'honneur du Parlement, on nous permettra de voir en cela la manifestation bruyante de l'attachement des officiers municipaux à la cause

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 22, fol. 19 et 24, fol. 178.

(2) Cf. Dupuy, art. cit., p. 124, et Administrât, mun. en Bretagne au XVIII* siècle, p. 433.

des libertés de la province. Rien d'étonnant donc à ce que ces fêtes aient été les plus coûteuses (5.381 livres en 1769, plus de 600 livres en 1774).

Pour les autres on se contentait le plus souvent d'un Te Deum suivi d'un feu de joie, surtout lorsqu'il s'agissait d'une victoire peu éclatante W; Pour la publication de la paix, on ajoutait quelques détails ; en 1763, la communauté ordonne que la paix sera annoncée au son du tambour, en présence d'un de ses membres <2); en 1783, la communauté avait d'abord arrêté que tous ses membres assisteraient, en robes et à cheval, à la publication de la paix faite à chaque carrefour tè), mais elle jugea bientôt ce projet à la fois coûteux et ridicule, car une telle cérémonie ne peut se faire « sans un appareil décent et convenable à la dignité du corps de ville qui ne doit se montrer en public que d'une manière pompeuse et relative à la circonstance. » En conséquence, le tambourmajor fut chargé de faire seul la publication <4).

Lorsqu'un événement heureux se produit dans la famille royale, la communauté reçoit l'ordre de s'associer à la joie du monarque. Elle le fait en ordonnant un Te Deum, auquel elle assiste en habit de cérémonie, un feu de joie, des salves de mousqueterie et d'artillerie et des illuminations. La fête se termine d'ordinaire par un souper, donné par le maire à l'hôtel de ville, et auquel sont conviés les officiers municipaux,

(1) Voici la liste de ces victoires, et la date des délibérations les concernant :

Prise de Majorque, 30 septembre 1756 (BB. 19, fol. 73)

Victoire du maréchal d'Estrées sur le duc de Cumberland, 18 août

1757 (BB. 19, fol. 105).

Victoire de Soubise en Hesse, 5 décembre 1758 (BB. 20, fol. 3). Avantages en Hesse, 1er mai 1761 (BB. 20, fol. 87). Succès du prince de Condé, des maréchaux d'Estrées et de Soubise,

en Hesse, 2 octobre 1762 (BB. 20, fol. 121). Victoires de d'Estaing, 3 octobre 1779 (BB. 24, fol. 27). Avantages sur les Anglais, 11 décembre 1781 (BB. 24, fol. 104).

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 146.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 187 et 189.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 189,

Page 1