‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 88 sur 120 · LES OFFICIERS · texte numérisé non relu

LES OFFICIERS

réparation à celui qu'il considère comme son inférieur. Les officiers de la milice, attendu que « cela s'est passé devant les troupes sous les armes et à la face de vingt mille âmes », portent devant le duc d'Aiguillon une plainte officielle, et M. de Quélen est obligé le lendemain de présenter à Pierre Lemarié des excuses publiques W.

En 1758, la communauté procède à une réorganisation partielle de la milice. Elle lui donne un tambour-major et neuf autres tambours <2), elle réduit à trois le nombre des drapeaux et par suite celui des enseignes ^ ; mais, par contre, chaque compagnie aura un capitaine, un second capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant. De plus, on crée un état-major comprenant un major, deux aides-majors (un pour Brest, un pour Recouvrance), assistés chacun de trois garçons-majors <4).

Les difficultés qu'amène la guerre de Sept-Ans justifient en partie cette profusion de grades, car, nous l'avons vu, les officiers de la milice doivent procéder à la répartition des troupes en billet de logement entre les habitants de leur quartier.

En même temps, le service de gardes et de patrouilles est considérablement alourdi, et, en mai 1759, les casernes se trouvant presque vides, la communauté demande à M. de Balleroy quelques compagnies de soldats afin de soulager la milice surchargée (5>. Pour armer ses patrouilles, la milice n'a que douze vieux fusils, et les miliciens doivent apporter leurs armes personnelles, bien disparates. En ces temps de trouble, la communauté juge nécessaire d'acquérir cent fusils neufs qui lui coûtent 2.050 livres W, auxquelles on ajoute 367 1. 9 s. pour payer les trois drapeaux f?).

Confection des rôles de la capitation, logement des troupes,

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 19, fol. 67.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 19, fol. 137.

(3) Un pour la compagnie colonelle, un pour Brest et un pour Becouvrance.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 19, fol. 140.

(5) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 8.

(6) Arch. mun. de Brest, BB. 20. fol. 28 et 74. L'armurier qui les vend les entretiendra à condition d'être exempt de toutes corvées.

(7) Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 133.

gardes et patrouilles semblent donner parfois trop de besogne aux officiers de la milice, qui' cherchent à se débarrasser de leur grade. Quand ils ont beaucoup d'années de service, ils obtiennent facilement de se retirer, mais dans le cas contraire il peut leur arriver quelques désagréments. Le plus grave que nous connaissions vint mortifier quatre capitaines qui, en 1766, démissionnèrent sans motif plausible. Le duc d'Aiguillon ordonna de leur faire faire le service de la milice comme simples fusiliers. Malgré leurs supplications, malgré la bienveillance du major Le Guen qui voulait leur épargner une telle humiliation, ils durent s'exécuter (D, et la communauté leur pardonna, pour une fois seulement, de n'avoir pas assisté à la revue de juin 1767. Quant à ceux qui suivirent leur exemple, ils furent punis aussitôt : ainsi, à cette même revue, le bijoutier Desbordes, nommé officier, ayant déclaré qu'il préférait être simple soldat et n'ayant pu donner de motifs sérieux à l'appui de sa préférence, fut maintenu dans son grade et mis aux arrêts <2).

A ce moment la communauté décida qu'elle ne prendrait plus d'officiers de la milice, sauf le colonel, parmi ses membres : les deux corps devant assister aux mêmes cérémonies en costume, il est impossible de faire partie des deux 0).

La situation maritime de Brest provoque, en ce qui concerne la milice, les difficultés que nous avons déjà tant de fois signalées. Ainsi, en 1770, la ville manque de garnison, le commandant ordonne à la milice de lui fournir chaque jour quatre-vingts hommes pour le service de la place. La communauté demande alors au commissaire général de la marine de vouloir bien permettre aux ouvriers du port faisant partie de la milice de quitter l'atelier lorsque viendra leur tour de garde. Le commissaire général ne veut se passer d'aucun de ces ouvriers, le service sera bien lourd pour les autres milieu Arch. mun. de Brest, BB. 20, fol. 98 et 106; BB. 35 (copie de lettres), fol. 18; EE. 19.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 21, fol. 111 et 112. — Mesure approuvée par le duc d'Aiguillon (fol. 123) et le duc de Penthièvre (fol. 127).

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