‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 90 sur 120 · SERVICE DES MILICIENS · texte numérisé non relu

SERVICE DES MILICIENS

gouverneur ; — 3° Le chef de la milice sera le maire, colonel de droit, ou, en son absence, l'officier municipal qui le remplacera ; — 4° Le major prendra les ordres du maire et les transmettra au moyen des aides-majors ; — 5° Les officiers ayant commandé les patrouilles feront leur rapport au major qui en rendra compte au maire ; — 6° Les officiers feront les rôles des compagnies ; — 7° Les rôles seront vérifiés au moins deux fois lan ; — 8° Tous les trois mois les officiers feront la revue des logements pour noter les changements survenus dans leur quartier ; — 9° Tous les habitants devront, sous peine de prison, respect et obéissance aux officiers en service ; — 10° Les officiers qui n'obéiront pas à leurs supérieurs seront punis d'arrêts ou de prison (*). Approuvé par le duc de Penthièvre le 22 novembre 1783, ce règlement fut lu devant les troupes assemblées, imprimé, et distribué à tous les gradés '2>.

En 1788, on y ajouta un onzième article : Quand un officier de la milice deviendra officier municipal, il continuera son service dans la milice jusqu'à son remplacement'3). Ce règlement nous paraît avoir supprimé bien des causes de contestation, car après sa promulgation en 1783 la milice ne fit plus guère parler d'elle.

En 1789, elle se trouva mêlée aux premiers événements révolutionnaires qui agitèrent la ville pendant le mois de juillet, et bientôt, le 29 de ce mois, par ordre du Conseil général de Brest, elle fut réorganisée, transformée en milice nationale !*).

Si nous avons parlé aussi longuement de la milice bourgeoise, c'est qu'elle avait de multiples fonctions : fiscales, militaires et de police, et qu'en outre elle était administrée, réglementée par la communauté qui en nommait les officiers. Au point de vue fiscal, les officiers de la milice étaient chargés de la préparation des rôles ; au point de vue militaire, d'une part ils coopéraient au logement des gens de guerre, et,

(1) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 169.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 187.

(3) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 193.

(4) Arch. mun. de Brest, EE. 39 bis.

d'autre part, avec leurs miliciens, ils contribuaient à la défense de la ville en cas de siège ; enfin, en ce qui concerne la police et le maintien de l'ordre dans la rue, la milice fournissait, concurremment avec les troupes régulières, des hommes de garde et des patrouilles.

Les charges militaires étaient donc à Brest particulièrement lourdes à supporter, parce que la ville recevait un nombre considérable de troupes, et parce que la proportion des exemptés y était anormale. Le poids du logement des troupes, qui retombe sur les plus pauvres, ne peut qu'à peine être atténué par l'établissement de casernes insuffisantes. Les fournitures nécessaires à ces casernes sont d'ailleurs à la charge des habitants, et la communauté, malgré la bonne volonté qu'elle montre en prenant pour son compte la plus grande partie possible de ce fardeau, ne peut guère l'alléger, faute de ressources. Le service de la milice s'ajoute à ces charges, et les multiples obligations qui incombent aux miliciens et à leurs officiers sont une gêne de plus.

Les finances de la communauté ont aussi à pâtir de la situation militaire de Brest, non seulement par suite de l'achat de literie pour les casernes, mais encore à cause des fournitures dues aux corps de garde et de la construction de locaux où l'on en installe de nouveaux. On comprend donc que cet ensemble de charges provoque, de la part de la communauté aussi bien que des habitants, des réclamations continuelles qui, malheureusement, demeurent sans effet.

Nous voyons par cette étude que de lourdes charges royales pesaient sur les habitants de Brest ; toutes se faisaient sentir le plus sur la population pauvre, et nous avons vu d'autre part, en étudiant les finances municipales, que le service du roi augmentait les dépenses, et, en même temps, les impôts municipaux payés surtout par la même partie de la population. Ainsi la situation spéciale de Brest, qui cause le développement de la ville, et dont bénéficient surtout les négociants, accroît les charges qui accablent ses plus humbles habitants.

LA CAPITATTON.

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