‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 92 sur 120 · REGLEMENT DE · texte numérisé non relu

REGLEMENT DE

dans les rues : ils devront les porter dans des carrières désignées, — un jour de carcan (art. 23).

Pour faciliter la circulation, il est enjoint à tous propriétaires de remettre en état le pavage devant leurs maisons et jardins (art. 15). Tous les entrepreneurs de travaux doivent ranger les matériaux et décombres près des murs et les faire enlever dans la semaine qui suit l'achèvement du travail, — 30 livres d'amende (art. 21 et 22). Il est défendu de faire courir les chevaux dans les rues. Les charretiers doivent se tenir près du cheval de limon, — 10 livres d'amende pour le propriétaire, prison pour le conducteur (art. 28).

On prend des précautions contre la lie de la population ; les mendiants, vagabonds et gens sans aveu doivent sortir de la ville et se retirer chacun dans sa paroisse ; les femmes, enfants ou parents des forçats ne peuvent venir à Brest, ceux qui leur donnent asile sont passibles de 50 livres d'amende (art. 12) W. Tous ceux qui logeront des étrangers à la ville indiqueront les noms, qualités, professions, et le sujet de l'arrivée des gens qu'ils logeront à deux commissaires qui en tiendront registre ; — amendes de 30 livres, puis de 60 livres (art. 13). Il est défendu de donner asile aux filles de mœurs suspectes ; — trois mois de prison, literie brûlée par les sergents de police (art. 20). Il est défendu à tous clercs, facteurs, domestiques, de porter épée, canne, bâton ou arme à feu ; — confiscation de l'arme et un mois de prison (art. 16).

Pour prévenir les incendies, les cheminées devront être ramonées tous les trois mois ; — 6 livres d'amende (art. 24).

La moitié des articles du règlement concernent le commerce, et particulièrement celui des denrées alimentaires. Pour protéger les artisans contre la concurrence des forçats, il est défendu d'acheter quoi que ce soit au bagne, — 6 livres d'amende et confiscation (art. 25) ; ou de revendre en ville les

(1) L'une des principales causes des vols nocturnes est la facilité qu'ont les femmes des forçats de loger en ville. Elles vont prendre des instructions au bagne et les communiquent aux malfaiteurs en liberté. On signale en particulier des émissions de fausse monnaie (1752) (Arch. du Finistère, B. 2369, fol. 14).

objets qui y sont fabriqués, — 10 livres d'amende et confiscation (art. 26). Il est défendu aux prévôts de la communauté des cordonniers « de lever aucuns deniers sur les cuirs qui s'étalent à Brest les jours de foire et de marché, sous ombre de confrérie de Saint-Grépin (art. 29). Les revendeuses à la toilette ne peuvent exercer leur commerce si elles ne payent la capitation à Brest. Elles doivent donner leur nom au greffe de la police et tenir un registre-journal de leurs achats, où seront les noms des vendeurs ; — 30 livres d'amende (art. 27). Tous les commerçants devront avoir, selon la nature de leur commerce, des « pots et pintes d'étain dûment jaugés et étalonnés, des poids et balance bien et dûment allivrés..., des aunes marquées aux armes du roi... par Vacquet, jaugeur étalonneur de cette ville ; — 10 livres d'amende (art. 18 et 19).

Le marché est soigneusement réglementé. Tous les poissonniers doivent porter leur poisson directement au marché, pour l'y vendre sans l'intermédiaire des revendeuses ; — 10 livres d'amende (art. 8). Il est défendu aux revendeuses, cabaretiers, traiteurs, « d'aller sur les chemins devancer les marchandes de légumes, beurre, etc., ni les acheter ou marchander qu'elles ne soient rendues au marché » ; — confiscation et 10 livres d'amende (art. 9).

Les revendeuses ne peuvent se présenter au marché qu'après onze heures de Pâques à la Toussaint, après midi le reste de l'année ; — mêmes peines (art. 10). Pour éviter les abus dans le commerce des grains, tous meuniers, blatiers, revendeurs, n'en pourront acheter qu'après deux heures. Les habitants devront s'en approvisionner par eux-mêmes « sans le secours de personnes interposées, tels que meuniers ou blatiers »; — confiscation et 30 livres d'amende (art. 30).

Les bouchers, qui devront éviter de souiller les rues, établiront dans les trois mois leurs tueries le long de la grève de Porstrein, et porteront ensuite leur viande préparée à la place Keravel, où elle sera vendue ; — 10 livres d'amende (art. 11). Le prix de chaque espèce de pain sera réglé chaque semaine par le siège de police, sur le rapport d'un commissaire appréciateur (art. 31). Ce tarif sera imprimé, et chaque

Page 1