ACHATS DE BLÉ
se demande si le tour de la communauté arrivera bientôt. Il rappelle à ses collègues l'histoire des blés achetés en 1752, et l'on s'adresse au principal héritier, le sieur Glouet, de Quimper, qui promet de présenter ses comptes'1). En 1791, enfin, Glouet reconnaît que Debon a reçu 49.815 livres et a remboursé 42.103 livres, ce qui fait une dette de 7.712 livres ; mais comme Debon avait fourni des blés à l'hôpital, la dette doit retomber sur cet établissement 2). Nous ne savons pas comment finit cette affaire, n'ayant pu trouver, à son sujet, de documents postérieurs à 1791.
En 1782, une nouvelle disette oblige la communauté à recourir aux mêmes expédients qu'en 1752. On emprunte 4.000 quintaux de 100 livres au magasin des vivres de l'armée de terre, et comme cela ne suffit pas, on fait aux magasins de la marine plusieurs emprunts montant en tout à 15.985 quintaux et 82 livres. Le procureur-syndic Guesnet est chargé de vendre ces blés au prix de 16 livres le boisseau, qu'il diminuera si possible'3). La masse de grains ainsi jetée sur le marché fait baisser le prix du pain, mais il remonte bientôt. Aussi, en mars 1783, Guesnet, qui a fait venir plusieurs barques de blé pour rendre à la marine ce qu'on lui doit, propose-t-il de rembourser la marine en argent et de vendre ce blé aux habitants pour les soulager 4). L'intendant de la marine accepte la combinaison, et Guesnet fait vendre le blé 15 livres le boisseau en mars, ce qui provoque la baisse attendue. Le blé de la ville est, en août, ramené au même prix que celui du marché, 12 livres le boisseau '5), et en février 1784 on décide de céder ce qui reste à raison de 11 livres le boisseau au public et 10 livres à Thôpital f6).
Il reste à régler les comptes ; comme dans l'affaire précé-
(1) Arch. mun. de Brest, BB. 26, fol. 76; LL. 10, fol. 4.
(2) Arch. mun. de Brest, GG. 486, n° 51 bis.
(3) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 125, du 4 juillet 1782.
(4) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 138 et 147. Les blés empruntés à la guerre sont rendus en nature.
(5) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 167.
(6) Arch. mun. de Brest, BB. 24, fol. 198,
dente, c'est là le point délicat. En effet, Guesnet a, chargé de la vente du blé les deux frères Léonard, l'un aide-gardemagasin des vivres de terre, l'autre boulanger, qui lui paraissaient le mieux convenir. Les Léonard mettent quelque difficulté à présenter leurs comptes. Enfin, la communauté en a connaissance le 7 août 1785; « et voit avec douleur que cette affaire a eu un résultat aussi malheureux ». Elle ne peut l'attribuer qu'à l'événement inattendu de la paix qui, ayant occasionné une émigration subite des étrangers, et surtout de cette classe d'hommes pour laquelle spécialement cette opération était entreprise, a nécessairement ralenti la vente du grain. » Les Léonard, qui ont un déficit considérable, prétendent que ce ralentissement a causé la détérioration d'une partie du grain. La ville se trouve, vis-à-vis de la marine, débitrice de 55.886 livres. Elle demande à l'intendant d'avoir égard aux circonstances, et, comme les grains ont été « consommés par les ouvriers du port, les matelots et les soldats qui auraient succombé sous le poids de la misère sans ce secours. », elle sollicite la remise de sa dette*1). Cette délibération n'est signée que de quatre officiers municipaux sur onze présents, et le lendemain 8 octobre les quatre signataires se rétractent : on veut vérifier de plus près les comptes des Léonard f2). Un examen attentif des reçus que les Léonard ont remis aux magasins et de leurs comptes de vente, montre que le déficit total atteint une valeur de 72.880 livres '$. Or, ils ont puisé aux magasins au fur et à mesure des besoins ; il n'y a donc pas de déchet possible, et les Léonard sont accusés de vol !^. Convoqués le 9 octobre à huit heures du matin, ils sont sommés de dire comment ils comptent rem-
et) Arch. mun. de Brest. BB. 25, fol. 55.
(2) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 56.
(3) 317 boisseaux 40 livres à 15 1. 10 s 4.918 1. 12 s. 4 d.