‹ La municipalité de Brest de 1750 à 1790Chapitre 97 sur 120 · boisseaux 62 livres à 15 1 19.042 1. 15 s · texte numérisé non relu

boisseaux 62 livres à 15 1 19.042 1. 15 s

3.S62 boisseaux 27 livres h 15 1. 12 1. et 11 1 48.918 1. 13 s. 4 d.

Total 72.880 1. » 8 d.

(Le boisseau pèse 120 livres).

(4) Ils ont été payés de leur peine, 12.883 livres pour les frais de manutention et 600 livres de gratification.

AFFAIRE LÉONARD. m 327

bourser cette somme de 72.880 livres. Ils demandent la journée pour réfléchir, et, se sentant sans doute coupables, ils signent le soir une transaction : ils s'engagent à rembourser à la communauté, en six annuités, les 56.452 1. 17 s. 7 d. que celle-ci doit à la marine (l\ et on leur fait grâce du reste, soit 16.427 1. 3 s. 1 d. La marine accepte de recevoir les fonds au fur et à mesure de leur rentrée dans la caisse municipale, et l'on peut croire l'affaire terminée &>. Mais en février les Léonard, qui ont réfléchi, refusent de tenir leurs engagements. Ils prétendent que Guesnet seul est responsable, puisqu'ils n'étaient que ses employés. S'ils ont signé la transaction du 9 octobre, c'est parce qu'ils avaient peur de Guesnet, à la fois avocat, procureur-syndic et commissaire de police, qui aurait pu, en cas de refus, les accabler ensuite de condamnations '3K On va plaider, et chaque partie rédige des mémoires justificatifs f4>. Les Léonard appellent leurs amis à leur secours : ils « sont par les Bergevin, leurs protecteurs (qui se ressemble s'assemble), excités vivement lb>. » L'intendant hésite : « Les Léonard peuvent être des fripons, mais s'ils n'ont volé que 10.000 livres on ne peut pas les condamner à en payer 56.000 '6). » Enfin, un arrêt du Conseil d'Etat du 11 décembre 1787 donne tort aux Léonard et rend exécutoire la transaction qu'ils ont signée f?). Mais ils refusent de payer ; on vend leurs effets mobiliers en 1788, et, après quelques difficultés, en décembre 1789, on parvient à adjuger leur maison pour la somme de 24.000 livres. La communauté est obligée de se charger du reste de la dette'05). Ainsi dans les deux occasions où elle a voulu exercer une influence sur le cours des grains,

(1) Mémoire de la communauté, fonds Langeron, carton II.

(2) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 60.

(3) Fonds Langeron, carton II.

(4) Arch. mun. de Brest, BB. 25. fol. 90, 92, 98, et Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 585, mémoire imprimé des Léonard. Le mémoire de la communauté est au fonds Langeron, carton IL

(5) Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 585. Lettre de Guesnet à l'intendant, 12 juillet 1786.

(6) Arch. d'Ille-et-Vilaine, C. 585. Lettre de l'intendant.

(7) Arch. mun. de Brest, BB. 2o, fol. 162.

(8) Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 171, 186, 194, 196, et BB. 26, fol. 46 çt 62.

la communauté a réussi à rendre le prix du pain plus abordable, mais il lui en a coûté à chaque fois un lourd sacrifice pécuniaire (1>

Le siège de police ne taxe pas seulement le pain ; il fixe encore, au moins une fois par an, le prix des diverses sortes de viandes vendues à Brest. En 1755 le prix de la viande est très élevé par suite de la rareté du fourrage et de l'abondance des troupes ; le bœuf se vend de 6 à 7 sols la livre à Brest, alors qu'à Rennes, où il ne vaut que 5 à 6 sols, le Parlement l'a trouvé encore trop cher et l'a mis à 4 sols. Les causes de la hausse étant disparues, le siège de police fixe le prix du bœuf à 5 s. 6 d. la livre, celui du veau à 3 s. 6 d., et le mélange des deux viandes à 4 s. G d. &). Le tarif n'est pas appliqué bien longtemps, et en 1759 le procureur du roi constate que les bouchers n'ont ni balances, ni poids, ni pancarte, et vendent à un prix arbitraire : il leur est enjoint de se conformer au règlement de police de 1754 et d'avoir leur étal toujours bien approvisionné de bonne viande W.

En 1764 on leur retire la permission, qu'on leur avait donnée pendant la guerre de Sept-Ans, de tuer des vaches et des génisses. On l'avait fait pour soulager la garnison et les ouvriers du port, mais des abus en sont sortis, et les bouchers vont jusqu'à mettre en vente de la viande de veaux mort-nés (4>.

A partir de 1766, nous voyons apparaître des tarifs détaillés '5>. Celui de 1766 paraît trop élevé aux habitants; qui s'erl plaignent. Le siège de police, par l'intermédiaire du procureur général au Parlement, demande des renseignements à Carhaix, marché où s'approvisionnent les bouchers de Brest : étant donné le prix des bœufs, on ne peut guère diminuer la taxe

(1) C'est sans doute à cause de cela qu'en 1785, bien que les vivres augmentent par suite de la sécheresse et que la misère soit grande, la communauté se contente de dire qu'elle s'informera des habitants les plus nécessiteux pour leur venir en aide (Arch. mun. de Brest, BB. 25, fol. 85).

(2) Arch. du Finistère, B. 2370, 31 mai et 21 juin 1755.

(3) Arch. du Finistère, B. 2371, fol. 10.

(4) Arch. du Finistère, B. 2373, fol. 3.

(5) Voir le tableau à la fin du chapitre.

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