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dans les diocèses de Viviers et Mende. Ces rentes atteienirent le chiffre de 26,000 livres environ et les divers bénéficiaires furent payés jusqu’à l’année 1600, époque à laquelle Henri IV leur fit purement et simplement subir une réduction de moitié.
Laissant de côté la question financière, nous allons examiner les rapports du roi et du Consulat au point de vue politique et gouvernemental. Ici, nous verrons nettement comment la royauté ne respecte plus les libertés et franchises municipales de la ville. Jusqu'au xvi° siècle, nous avons vu parfois des actes arbitraires de la part de certains monarques, mais ces actes n'étaient que l'exception, généralement ils se produisaient de loin en loin. À partir de 1500, la royauté va ériger cette tendance à l’absolutisme en une règle définitive. On ne voudra plus d'Etat dans l'État, toutes les villes devront rendre compte de leur administration au pouvoir central, qui jugera en dernier ressort s’il doit oui ou non maintenir tel ou tel principe.
Traitant la ville de Lyon en ville conquise, le roi, en 1528, envoyait l’ordre aux conseillers de lui faire adresser la moitié des deniers communs partout où il se trouverait (1). S'il intervenait sous François I°" quelque discussion d'ordre administratif la question était toujours tranchée par le bailli, représentant officiel du roi ; le Consulat semble dès à présent n'être qu’un rouage usé, génant et qu'il faudra ou faire disparaître, ou profondément modifier.
À partir d'Henri IF, la situation devient de plus en
(1) Archives municipales, BB, 47, f 120.
So
plus mauvaise pour les conseillers. Ce roi, dès la première année de son règne, tente de faire ce qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait encore osé. Au mois de juin (1), il rend un édit qui bouleverse toute la constitution municipale de Lyon. Le nombre des conseillers * étant trop grand, c’est, dit l'édit, préjudiciable à l’expédition des affaires publiques. Au lieu de douze conseillers, il n'y aura désormais que quatre échevins, présidés par un prévôt des marchands. Empressons-nous d'ajouter que cet édit ne fut pas exécuté. Il faut toutefois reconnaitre que le Consulat venait par là même de voir Signer sa condamnation définitive.
Trois ans plus tard, le roi créait à Lyon un nouvel officier, l’intendant. Il avait l'inspection de toutes les affaires relatives à la justice, à la police et aux finances. Cet officier tout puissant, qui deviendra dans la suite redoutable à mesure que ses attributions augmenteront, va, peu à peu, contribuer à la ruine de l'autorité politique des conseillers.
En 1538, le procureur général de la commune, Pierre Grolier, voulut pousser le Consulat à faire de l’opposition au paiement d’une taxe levée par le roi. Henri I, par une lettre de cachet (2), #7anda aux conseillers de le révogquer de ses fonctions « car nous ne voulons souffrir et permettre un tel instrument si pernicieux et contraire à notre service ». Enfin, il faut signaler ici le fait suivant très caractéristique de la faiblesse de l’autorité consulaire. On envoyait sans cesse des députés en
(1) Chappe, Il, 357 et 445.
(2) Archives municipales, BB, 81.