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testèrent dès le xiv° siècle ce pouvoir. Ils défendaient aux citoyens d’avoir des poids et mesures « échantillés à une matrice autre que celle au nom de l'archevêque 5. Le procureur de la ville interjeta appel de ces ordonnances. La lutte fut excessivement longue. De nombreuses enquêtes furent faites et le débat ne se termina qu’en 1454 (1). L'’archevêque prouvait son droit dans dix-neuf articles, le Consulat répondit par un factum de vingt-trois articles. Un arrêt de Parlement intervint en faveur de la ville qui annula toutes les prohibitions archiépiscopales. Malgré cet arrêt, les contestations continuèrent encore longtemps. En 1665 seulement, la question fut définitivement réglée par un arrêt du grand Conseil. L’archevèque avait jusqu’à cette époque conservé dans la ville deux bureaux de poids publics et il forçait les marchands de Ia Cité à faire peser leurs leurs marchandises dans ses bureaux quand leur poids excédait un quintal.
À partir de 1665 le Consulat eut seul le droit d’avoir des bureaux publics pour les poids et mesures, car, dit l'arrêt, ce droit était une partie importante de la police et, à ce titre, le prévôt des marchands et les échevins devaient seuls nommer les échantilleurs et marqueurs.
Malgré ces longues contestations, il faut dire que de tout temps le Consulat nomma les échantilleurs (2) et sous Louis XIV il acheta fort cher la finance de cet office.
(1) Chappe, V, 290 et suivantes.
(2) Chappe, V, 335 ets.
Une fois débarrassé de son rival l'archevêque, il prit des mesures importantes. Des ordonnances consulaires enjoignirent à tous les marchands de faire marquer chaque année leurs poids et mesures et ce, sous peine d'amende ; de plus, des commissaires spéciaux furent chargés de faire tous les trois mois des visites chez les négociants avec l'échantilleur juré (1).
Comme on le voit, le Consulat s’occupait avec beaucoup de soins de l'intérêt de ses concitoyens. Il défendait ses droits et les leurs avec un intérêt jaloux; une telle conduite doit lui faire pardonner beaucoup de fautes.