CHAPITRE V
Juridiction de la Voirie
Dès les temps les plus anciens, les opérations de voirie ont été faites par la ville. En 1309, nous voyons déjà les syndics-procureurs donner l'autorisation de bâtir un arc sur le pont de pierre construit sur la Saône.
Presque tous les rois confirmèrent ces droits de voirie. En parcourant l'inventaire de Chappe, au titre de la Grande et Petite voirie, on peut facilement se rendre compte de l'importance de cette juridiction. Le Consu-
(1) Chappe, V, 351.
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lat donnait les permissions de construire, rendait des ordonnances d’alignements, etc...
De 1624 à 1630, une longue querelle s’engagea au sujet de la voirie entre le Consulat et les trésoriers de de France. La royauté avait attribué aux trésoriers de France tout ce qui relevait de la grande voirie. Les Les trésoriers de la généralité de Lyon voulurent alors s'approprier la voirie de la ville et rendirent de nombreuses ordonnancees. Ils enjoignirent même au Consulat de leur présenter tous les titres en vertu desquels il s’occupait des alignements et autres opérations de voirie et défendit enfin à tous les citoyens de s’adresser à une autre administration que la leur (1). Le Consulat rendit alors des ordonnances contraires et signifia au « voyer de la ville 5» de continuer ses opérations comme par le passé. Les trésoriers de France finirent par céder mais ils recommencèrent en 1752 et un arrêt du Conseil trancha la contestation en 1763 (2).
On enleva au Consulat tout ce qui concernait les alignements, les constructions, les réparations des pavés, les avancements des maisons. Il n’eut plus que la construction des édifices et ouvrages publics mais il conserva la juridiction de la police sur toutes les questions de voirie. Son pouvoir était considérablement diminué au profit des officiers royaux.
Avant de terminer ce chapitre nous croyons intéressant de donner quelques renseignements sur l’origine du service d'incendie à Lyon. Les premières ordonnances
(1) Chappe, V, 418.
(2) Chappe, V, 445.
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consulaires relatives à cette question remontent à one I estmditique la ville doit. faire achat de seaux et d’échelles. Puis, plus tard on interdit de construire dans les maisons des escaliers en bois et le Consulat, pour parer aux désastres causés par le feu, fit acheter « six seringues et douze échelles » (1). En 1619, chaque capitaine pennon reçut en dépôt un certain nombre de seaux en cuir. La véritable organisation d'un corps spécial remonte à 1677. Le Consulat nomma treize maîtres charpentiers, sixhabitaient du côté deFourvière, sept du côté de Saint-Nizier, qui devaient être tenus, dès qu'un incendie éclatait dans leur quartier, d'accourir au premier coup de cloche, sous peine de vingt livres d'amende. Chaque maitre charpentier recevait dix sols pour un incendie à la condition toutefois de produire un certificat de l'officier pennon du quartier sinistré. Si un des maîtres charpentiers du coté de Fourvière allait porter secours dans le quartier de Saint-Nizier il ne devait exiger aucune rémunération (2).
En 1705, le Consulat ordonna à chaque capitaine pennon d'acheter une pompe portative aux frais des habitants, c’est une des dernières ordonnances relatives à la matière.
(1) Chappe, V, 497.
(2) Chappe, V, 490.