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CHAPITRE "VI

Juridiction relative à l’'Approvisionnement

Le Consulat s'est toujours réservé cette juridiction. Il a, dès les temps anciens, pris à sa charge l’approvisionnement de la ville et a eu jusqu'en 1700 la police des grains.

Une des plus grandes occupations des consuls au moyen âge fut la traite des blés. Sans cesse des mesures importantes devaient être prises pour assurer à la ville cette denrée si précieuse. On autorisait les négociants à tirer le blé des pays voisins dans l'intérêt même de la cité, on demandait au roi des permissions spéciales pour faire lever en Bourgogne des quantités considérables de grain. Le Consulat veillait également à l'entrée du blé. Tout marchand devait indiquer où se trouvaient ses dépôts, quelle en était la contenance et il était obligé de justifier par acte authentique de tous ses achats. Le Consulat avait créé pour le service un officier spécial, le châtelain de la Grenette qui devait marquer sur un registre spécial l’état et le prix du grain ; de plus, il inspectait tout le blé qui rentrait en ville et était destiné à la Grenette ou halles publiques.

Fréquemment la disette produisit beaucoup deravages à Lyon; voulant remédier à ces inconvénients et prévenir de nouvelles catastrophes, le Consulat créa en 1580 un grenier commun où l’on mettait en réserve du blé

acheté dans les environs. Cette innovation ayant rendu beaucoup de services, on créa en 1643 un service permanent et spécial qui porta le nom de Chambre de l’'Abondznce. Ce service était sous la dépendance directe du Consulat. Huit notables étaient nommés par les consuls, ils portaient le titre de directeurs de l'Abondance ; dans leurs réunions ils étaient présidés par un échevin actuellement en charge. Sauf la première année où le renouvellement se fit par moitié à la Saint-Jean et à la Saint-Jean-Baptiste, il fut décidé que les directeurs de l’Abondance seraient nommés pour une durée de deux ans et l’on devait suivre pour leur nomination les règles en usage pour le rectorat de l’Hopital général.

Les directeurs avaient pour mission d’acheter les blés et grains nécessaires et devaient les faire enfermer dans les greniers communs dont ils gardaient les clefs. Les denrées étaient achetées avec l'argent avancé par les directeurs et les sommes prètées par le Consulat. Ces provisions de blé étaient conservées en prévision de périodes de disette ; néanmoins, quand eiles devenaient par trop considérables, le prévôt et les échevins en autorisaient la vente. Les boulangers de la ville étaient alors obligés d’acheter leurs grains à l'Abondance tant qu'il y en avait ; le Consulat essaya mème de forcer les communautés séculières et régulières à prendre leur bI£ à l’Abondance, il y eut de violentes protestations de fi part du clergé qui finit par obtenir gain de cause.

En temps de disette cette institution était excellente. Les pouvoirs des directeurs étaient alors considérables, ils avaient le droit de prononcer la peine de mort contre les boulangers qui revendaient le blé qui leur était

délivré pour la subsistance (1). Avec l'autorisation du Consulat, ils pouvaient faire saisir tout le blé qui se trouvait aux environs de Lyon et le faire conduire dans la ville.

Chaque année le trésorier-secrétaire de la Chambre d'Abondance arrêtait les comptes et les soumettait au Consulat qui les approuvait.

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