‹ La muse à BibiChapitre 20 sur 40 · JEUNES GUEUSES · texte numérisé non relu

JEUNES GUEUSES

Elles vont dans Paris. Ce sont les fleurs étranges Du pavé. Fleurs si tôt pâles! On s'attendrit; On songe; rien dé bon jamais à leur esprit Ne fut offert. On pleure. On rêve des échanges

D*âmes. Toute pensée impure, on la proscrit; On veut leur faire éclore au dos des ailes d^anges Qui les emporteront bien haut, bien loin des fanges. — J'en sauverai bien une! Erreur : 11 est écrit

Que leur instinct, bonhomme, est plus fort que ton rêve. Celle-là que tu prends dans ta maison, sans trêve Entendra le ruisseau d^eh bas la rappeler.

Elle y redescendra. Sa destinée est telle,

Et tu n'obtiendras rien que de voir s^en aller

Des lambeaux de ton cœur dans la boue avec elle.

IMPRESSIONISME

Je vais parfois revoir, tout seul, un petit coit Obscur du boulevard Montparnasse, témoin De mon premier amour pour une « fleurs-et-plumes » Aux cheveux d^or. C*est dans ce lieu que nous nous

[plûmes.] Aussi me produit-il un efFet singulier :

11 me semble que mon âme est comme un clavier, Et que le doigt furtif du souvenir la frôle.

Pareil au bruit du vent dans les feuilles d'un saule, Il s'en dégage un son lumineusement doux, — Une espèce de la bémol^ qui serait roux.

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