PRIX DE ROME
A Félix Bouclior.
Le prix de Rome de peinture n'a pas été décerné cette année. Insuffisance.
Les candidats — pour une fois — Au prix de Rome, de peinture, Avaient un sujet, que je crois Qu'ils pouvaient traiter — sans torture ;
Moins délibérément « pompier »
Que ceux imposés chaque année A leur verve, par Maître Pied ; Enfin... telle était sa donnée :
Dans un paysage charmant, Imaginez le vieux Silène Ivre-mort, naturellement, Cuvant son vin, à panse pleine ;
a3a LA MUSE AU CABARET.
Cependant que la nymphe Eglé S'amuse fort de cet ivrogne, Et de raisin pourpre et doré Lui barbouille, en riant, la trogne.
Ajoutez aussi deux bergers Qui complètent la scène à faire, Et maintiennent, les enragés, Les jambes et bras du gros père.
La scène est plaisante, et surtout D'interprétation facile.
« C'est une idylle dans le goût De Théocrite et de Virgile. »
Sans attendre de nos rapins
Des chefs-d'œuvre, l'on pouvait croire
Que de ce sujet plein d'entrain
Ils se tireraient, à leur gloire?...
Eh bien, non. Pour ces jeunes gens XTétaient là des hiéroglyphes.
Leurs devoirs furent affligeants, Grâce aux leçons de leurs pontifes.
Pas un concurrent, sur les dix, N'évita les poncives règles :
Ceux de la Villa Médicis, Du coup, vont se croire des aigles.