‹ La muse au cabaretChapitre 70 sur 139 · LA SALADE · texte numérisé non relu

LA SALADE

M. Cerosole vient de nous révéler que la salade est le véhicule de dangereux microbes et des vers intestinaux, dont voici quelques-uns :

Échinocoque, trichocéphale-dispar,

Anguillule, amœba coli, lombricoïde

Ascarides, ankyîostome nicobar,

Oxyure vermiculaire, balantide...

J'en passe et des meilleurs. Tels sont, mes chers enfants.

Entre mille autres, qui vivent à nos dépens,

Les vers intestinaux, les monstrueux reptiles,

Sans compter les crochus et virguleux bacilles,

Qui roDgent, sapent, scient, sucent nos intestins,

Quand nous faisons intervenir, dans nos festins,

Ce que vous appelez, moi de même, salade.

Rien qu'à vous les nommer vous m'en voyez malade. Pensez donc à ceci que chaque individu

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De cette faune obscure, en nos tripes rendu, Y détermine telle ou telle maladie; Le « balantidium » une balantidie.

Le u dispar » vous fait disparaître jusqu'à l'os; Et le moindre lombrix vous vaut le tétanos, Que si vous avalez un simple ankilostome, Vous pouvez devenir une ombre de fantôme. Songez qu'en dévorant un méchant pissenlit, Vous risquez d'attraper un amœba-coli; Et que l'échinocoque ainsi que l'anguillule Vous désagrégeront, cellule par cellule.

Autant vaut avaler ton sabre, ô Damoclès ! Qu'êlre lombricoé par un ascarides...

Je me sens tricoté par un tricocéphale ! . . . O ma tête ! ma tête ! ô ma pauvre céphale !

Adieu donc, ô salade! ô raiponce! ô chicon ! Capables d'enrichir en un jour l'Achéron. Adieu, scarole jaune, et toi, verte laitue, Que nous croyions inoffensive et qui nous tue ! Quel coup dur pour l'œuf dur ! Adieu, toi, le cresson l Tu n'es plus la « santé du corps » de la chanson. Bonsoir la betterave et la douceâtre mâche ! Endive de malheur, et céleri, grand lâche ! Chicorée! ah mon Dieu! c'est fini de friser! Barbe de capucin!... qui voudrait te raser?

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