‹ La muse noireChapitre 14 sur 26 · IV · texte numérisé non relu

IV

Le Trogrcs

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L'homme, abreuvé d'espoir, lève ses mains avides Vers l'astre décevant du progrès éternel Qui baigne, d'un éclat étrange et solennel, Son visage anxieux, couturé par les rides.

L'homme est las; mais ce mot magique — le Progrés —

Infuse dans son cœur une ivresse féconde,

Qui le fait s'acharner à déUvrer le monde

Du Mal — chasseur cruel qui tend partout ses rets. —

L'homme dit : — « J'ai souffert, et pour souffrir encore ; Mes pères ont peiné : mes enfants peineront; Mais un jour — j'en suis sûr — mes petits-fils verront D'un siècle de bonheur s'épanouir l'aurore!

« Ils cueilleront ce fruit : l' Indéfiniment Mieux! Portes de l'Inconnu, vous leur serez ouvertes! Ils sauront ciseler, dans l'or des découvertes. Une couronne pour leurs fronts audacieux ! »

La Science répond à ce cri d'espérance : — « Oui, je me livre à l'homme avec tous mes secrets! Oui, sous mon étendard marchera le Progrès ! Oui, guerre à l'Infamie, et guerre à la Souffrance ! »

Mais soudain retentit, sous le clair firmament, Une voix, — une voix formidable, inconnue, Une voix caverneuse, on ne sait d'où venue. Que l'écho répercute au loin, lugubrement.

Cette voix, elle dit : — « L'œuvre de l'alchimiste Sera réaHsé peut-être par tes mains.

Et ton pied foulera d'étincelants chemins Pavés de diamants, ô rêveur optimiste !

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