‹ La muse noireChapitre 4 sur 26 · A UN POÈTE ÉPICURIEN · texte numérisé non relu

A UN POÈTE ÉPICURIEN

Tenir ]a Mort glacée — Comme une fiancée — Sur ton sein... tendrement...

— Et c'est charmant!

Mais pardonne, ô mon barde!

Quand à la mort blafarde Je songe, chancelant, Je suis tout blanc;

Et ma pâleur ressemble A la clarté — qui tremble — D'un funèbre flambeau Sur un tombeau.

Août i(

Indé

Cîston

kA Lion Sorg.

COMME une femme mûre, ayant vécu beaucoup, Veut repasser sa vie au miroir d'un long rêve. Et, fermant la paupière, évoque coup sur coup

La valse des plaisirs de son enfance brève.

Et le fou tourbillon soyeux des vanités

Dont ses vingt ans coquets se grisèrent sans trêve,

Et le flot savoureux des fortes voluptés

Dont sa nubile ardeur se soûla : — doux vestige

Des jours morts ! O tiédeur des printemps ! Chauds étés !

Elle glisse, éperdue, aux gouffres du vertige. Et se jette aux clartés des souvenirs anciens, Comme au feu la phalène imprudente voltige.

Dans un bal tournoyant elle revoit les siens Amoureux, dont plusieurs, partis pour l'autre monde, Sont ressuscites par ses yeux magiciens...

O femme, est-elle gaie ou triste, cette ronde ?

Ainsi, bien que très jeune encor, fermant les yeux A mon terne présent, tout plein d'ombre équivoque. Je songe à mon passé, lugubre ou radieux :

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