‹ La musique à l'égliseChapitre 10 sur 75 · DANS LE LANGAGE ET LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

DANS LE LANGAGE ET LA MUSIQUE

peindre l'état d'illumination céleste, appartiennent spécialement à la langue des Hébreux ^

Ainsi donc, permanence, expression illimitée, infinie, symbolique, aspiration vers Dieu, accent spirituel, enthousiasme, parole triomphante, etc., etc., tel est le caractère dominant, le ton, le mode particulier de la poésie et du langage de la Bible.

Maintenant, comparez à cette langue certaine langue du Nord , par exemple , dans laquelle le caractère opposé se sera développé aux dépens de celui que nous avons essayé d'analyser; langue presque impuissante à exprimer par le verbe la plénitude de l'être, de la vie et de l'action, mais très -propre, par la multiplicité des temps , par l'abondance des substantifs, par la richesse des synonymes, à représenter toutes les modifications de l'espace et de la durée ; langue qui se prête bien plus à la lutte des sentiments, aux conflits des passions qui sont du domaine du drame, qu'aux sublimes élévations, aux élans divins de l'ode; chez laquelle l'aspiration, l'élément spirituel seront remplacés par une structure tout artificielle , par l'accent terrestre et sensuel, et par cette foule d'images voluptueuses qui peignent avec les couleurs les plus vives, les nuances les plus délicates, tous les accidents et toutes les vicissitudes de la vie positive , au cercle de laquelle elle semble exclusivement bornée ; comparez, disons-nous, à la langue hébraïque une langue d'un semblable caractère, et vous comprendrez aisément que le peuple qui a parlé la première a dû retenir, dans un ensemble à peu près complet , les tradi-

* V. V Histoire de la littérature de F. Schlegel, 1. 1, pp. 180-221.

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lions touchant l'ordre de la révélation, de la grâce et de la réhabilitation; tandis que celui qui parle la seconde doit vivre dans l'oubli de la noblesse originaire et de la haute destination de l'homme, sous l'empire de ses penchants et livré à toutes les jouissances du sensualisme.

Il en est de môme des divers systèmes de musique, des différentes tonalités que nous avons nommés idiomes ou dialectes musicaux. A en juger du moins parles deux systèmes à notre usage, la tonalité du pi ain-c liant et la tonalité de la musique moderne , les uns sont au point de vue de la contemplation, les autres au point de vue de •la chair. Les premiers, par leurs éléments constitutifs, se prêtent merveilleusement h. l'expression des sentiments divins ; les seconds se rapportent de la môme manière, et presque exclusivement, à l'expression des passions terrestres. Il y a donc une certaine affinité entre les éléments constitutifs des diverses tonalités et des diverses langues et les notions morales propres au peuple auquel ces langues et ces tonalités sont familières.

Un coup d'œil rapide sur les divers systèmes de musique nous montrerait que dans l'Inde, dans la Perse, dans la Syrie, chez les Arabes, dans l'Asie Mineure et dans la Grèce, les tonalités sont constituées sur des intervalles de tiers et de quarts de ton. A en croire M. Fétis, on aurait, sur ce point, pour l'Inde et pour la Perse, des documents qui remonteraient à quinze cents ans avant l'ère chrétienne. Ici, trois choses à remarquer : l'J CCS tonalités sont constituées au profit de la parole, dont les accents sont représentés par cette

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