‹ La musique à l'égliseChapitre 9 sur 75 · DANS LE LANGAGE ET LA MUSIQUE · texte numérisé non relu

DANS LE LANGAGE ET LA MUSIQUE

manière que, dans le même verset, le premier hémistiche raconte au passé ce que le second exprime au futur; ainsi , que ce qui est d'abord présenté comme fait accompli, se trouve ensuite prolongé en quelque sorte et embrasse la durée tout entière : langage surprenant, mais qui convient aux interprèles de Celui devant lequel le passé et l'avenir se confondent dans un présent éternel'. » Quant aux formes de la langue hébraïque, le proverbe, qui est l'expression la plus simple et le plus souvent figurée d'une pensée vivante , parole de Dieu même ; la vision, qui représente l'âme dans un état d'impassibilité, d'extase et de soumission parfaite à l'influence divine; Va parabole, espèce d'enseignement indulgent et paternel; l'allégorie, qui est une signification typique, 'symbolique, prophétique d'un ordre de choses futur; elle parallélisme, loi suivant laquelle les pensées, les sentiments, les figures, les expressions se succèdent dans un mouvement de rhythme et de libre symétrie, se lèvent et retombent en grandes strophes et anti-strophes, comme les vagues de la mer dans leur flux et reflux;

* Université calhoUque, 3* liv., p. 287. — Frédéric Schlegel dit à ce sujet : « Tout leur seiilinient et toute leur existence (des Hébreux) se raltacliaient moins au présent qu'au passé, qu'à l'avenir surtout ; et le passé des Hébreux n'était point, comme celui des autres peuples, de simples traditions, des souvenirs poétiques, mais le grave sanctuaire de leur divine constitution et de l'alliance éternelle. L'idée de l'éternité n'était point séparée chez eux de la vie active et de ses rapports, comme dans la i)liilosophie isolée des Grecs, méditant solitairement; au contraire, elle était étroitement liée à la vie, au passé merveilleux du peuple élu, et aux pompes plus magnifiques encore de son mystérieux avenir. » [Hist. de la iittnalure, t. 1, p. 192, traduction de M. W. Duckelt.)

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quant à ioules ces formes, elles concouicnl, avec Taspiralion, qui est l'élément divin de l'esprit, à rendre la langue hébraï.|ue et généralement les langues sémitiques propres, dans leur ton, leur esprit et leur caractère, à l'expression de la révélation sacrée, de la prophétie divine et de la contemplation de l'unité infinie. Et c'est ce qui fait dire à Herder que la langue hébraïque est pleine de V haleine de l'âme; quelle ne résonne pas comme la langue grecque, mais qu'elle respire , quelle vit; que c'était l'esprit de Dieu qui parlait en elle, le souffle du Tout-Puissant qui l'animait ' . Elle se prête peu à l'expression des modifications de la durée et de l'espace; c'est pourquoi, en premier lieu, elle ne mesure pas les syllabes comme le grec et le latin; elle ne les compte pas comme les langues modernes ; c'est pourquoi , en second lieu, riche en verbes et en substantifs dérivés des verbes, elle est très-pauvre en adjectifs qui correspondent aux qualités et propriétés des êtres \ Enfin, selon la remarque de F. Schlegel , de toutes les formes d'art terrestre, on ne trouve guère dans les saintes Écritures de l'Ancien Testament que celles qui peuvent exister dans un ordre de choses purement spirituel. On ne saurait y découvrir d'exposition dramatique, ni d'images épiques particulières , pas plus que des exercices d'art oratoire ou des combinaisons scientifiques; car, ajoute le môme auteur, les formes grammaticales d'une langue et toute sa structure artificielle sont l'ouvrage de la raison. Au contraire, les figures et les tropes sont les éléments de l'imagination; or, ces formes, très-propres à

1 l'nivcrsKc cntlwUqnr, 3' liv., j). 2^7. ' Ibidem.

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